Espionnage sur internet : 3 conséquences (plus ou moins) inattendues du scandale

Edward Snowden, employé d\'un sous-traitant de l\'Agence de sécurité nationale (NSA), le 6 juin 2013, dans une vidéo diffusée le 10 juin sur le site du \"Guardian\".
Edward Snowden, employé d'un sous-traitant de l'Agence de sécurité nationale (NSA), le 6 juin 2013, dans une vidéo diffusée le 10 juin sur le site du "Guardian". (THE GUARDIAN / AFP)

Les révélations d'Edward Snowden ont relancé le débat sur la vie privée et la transparence sur internet. Mais pas que...

Il a révélé que les services de renseignements américains recueillaient des milliards de données via Facebook, Google, Yahoo! et d'autres géants du net. A l'origine des fuites sur deux programmes secrets de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) basés sur la collecte de données téléphoniques et internet, un consultant en sécurité informatique, Edward Snowden. Le jeune homme de 29 ans peut se féliciter d'avoir mis la question de la vie privée sur internet au cœur de l'actualité. Mais pas seulement. 

Francetv info liste trois phénomènes provoqués par les révélations d'Edward Snowden.

Un regain de contestation contre le Patriot Act

Sur le site de la Maison Blanche, les internautes sont de plus en plus nombreux à interpeller le président Barack Obama sur la question des programmes de surveillance menés par le gouvernement. En plus des 50 000 signataires de la pétition en ligne demandant de gracier l'analyste, des Américains demandent au président de revenir sur le Patriot Act

Selon le site du magazine Time (lien en anglais), 9 600 personnes ont signé une pétition pour obtenir que cette loi, adoptée après les attentats du 11 septembre 2001 pour accorder davantage de latitude aux services de renseignements américains, soit révisée. 

Par ailleurs, un autre texte, émanant des citoyens et publié sur le site de la Maison Blanche, réclame carrément au président américain de débattre avec le lanceur d'alerte. Il a reçu 4 300 signatures, encore loin des 100 000 nécessaires pour obtenir une réponse de la présidence. "Je pense que Snowden a lancé un débat sur la vie privée à l'ère des nouveaux médias," s'est félicité un manifestant new-yorkais lors d'un rassemblement de soutien, interrogé par l'antenne américaine de la chaîne Russia Today. 

Une nouvelle gloire pour "1984", de George Orwell

Données recueillies via les réseaux sociaux, les appels téléphoniques... les mécanismes développés ne sont pas sans rappeler Big Brother, personnage métaphorique de la surveillance de masse imaginé par l'écrivain anglais George Orwell dans le roman d'anticipation 1984.

Publié pour la première fois en 1949, le classique connaît un nouveau succès commercial porté par l'actualité : sur Amazon, principal site de vente de livres en ligne, le roman a rejoint mardi après-midi les cinq plus grosses progressions de ces dernières 24 heures, passant du 6 208e au 193e rang.

La starification d'Edward Snowden, le lanceur d'alerte

Pour le réalisateur américain Michael Moore ou encore pour le très conservateur animateur télé Glenn Beck, Edward Snowden est "un héros". Analyste sans histoire, ses révélations ont fait de l'homme de 29 ans un symbole de la lutte pour le droit au respect de la vie privée sur internet. Paradoxalement, sa vie privée comme son profil psychologique ou ses intentions ont été complètement décortiqués par les médias. 

The New Yorker (lien en anglais) suggère, dans un édito en ligne, que le jeune homme est un héros. Un autre éditorialiste du magazine indique quant à lui qu'Ed Snowden est irresponsable, voire dangereux parce que susceptible de faire tomber les informations dont il dispose, entre les mains du gouvernement chinois.

Le site du Time, qui revient dans un article sur l'emballement médiatique autour de la personnalité de Snowden, remarque qu'il est présenté tantôt comme un héros dans certains médias, tantôt comme un solitaire marginal, ou encore comme un traître, voire "un sex symbol" pour The Daily Beast.

Une "Snowdenmania" désormais alimentée par la petite amie de ce dernier, délaissée par le lanceur d'alerte parti se réfugier à Hong Kong. Sur son blog, intitulé L's Journey ("Le Voyage de L"), Lindsay Mills, présentée parThe Guardian comme la compagne d'Edward Snowden, a publié un billet d'adieu adressé à son compagnon, suppose le quotidien britannique : "Au moment où j'écris ces lignes sur mon clavier baigné de larmes, je me rappelle tous les visages qui ont illuminé mon parcours. Ceux avec qui j'ai ri. Ceux que j'ai soutenus. Celui que j'ai fini par aimer le plus. Et tous ceux à qui je n'ai pu dire adieu", écrit-elle. 

Vous êtes à nouveau en ligne