VIDEO. Catalogne : avec des élections en décembre on aura une "majorité indépendantiste"

FRANCEINFO

Le délégué du gouvernement de la Catalogne à Paris, Marti Anglada, invité de franceinfo vendredi, s'est dit surpris par "la dissolution du Parlement [catalan] décidée par le gouvernement central de Madrid".

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, a décidé vendredi 27 octobre de mettre la Catalogne sous tutelle après la déclaration d'indépendance, annoncée par le président catalan Carles Puidgemont.

Cette décision "on l'appelait la bombe atomique", c'est la presse de Madrid qui disait cela, si on prend l'article 155 ce sera une bombe atomique" a déclaré vendredi sur franceinfo, Marti Anglada, délégué du gouvernement de la Catalogne à Paris.

"Si on fait les élections dans deux mois, le résultat ce sera un Parlement, plus ou moins comme l'actuel"

Il s'est dit aussi surpris par "la dissolution du Parlement [catalan]" décidée par le gouvernement central de Madrid "et la convocation des élections le 21 décembre, d'ici à moins de deux mois. Ça c'est une grande surprise ce n'était pas prévu (…) au Sénat il [Mariano Rajoy] parlait de six mois" a réagi Marti Anglada.

"C'est une surprise absolue, car si on fait les élections dans deux mois, le résultat ce sera un Parlement, plus ou moins comme l'actuel, avec une majorité indépendantiste", sauf si "on pense à interdire le parti indépendantiste en Catalogne, alors c'est autre chose", a-t-il ajouté.

"La foule va être là pendant des jours pour empêcher l'arrestation du président"

"J'espère que ce ne sera pas le cas, mais si on fait ça, pour gagner les élections on est dans la Turquie d'Erdogan, on est dans la Russie de Poutine, ce n'est pas l'Union européenne. On ne comprend pas l'intelligence de ce que fait M. Rajoy (…) il s'est mis dans un labyrinthe et je ne vois pas comment il va faire pour en sortir".

Interrogé sur la possibilité du gouvernement catalan de continuer à fonctionner, Marti Anglada a répondu : "On va essayer, vous voyez dans les images qui viennent de la place [du Parlement catalan], la foule va être là pendant des jours pour empêcher l'arrestation du président [Carles Puigdemont]. Il est accusé de rébellion, c'est le châtiment le plus grand dans le code pénal espagnol, [passible] de 30 ans de prison. Il y aura une protection du président j'imagine", a conclu Marti Anglada.