Référendum en Catalogne : le matériel de vote caché dans certaines communes pour éviter les saisies de la Guardia Civil

Le maire de Puigcerda, Albert Piñeira, assure que les 6 000 électeurs de sa commune pourront s\'exprimer dimanche 1er octobre lors du référendum d\'audo-détermination de la Catalogne.
Le maire de Puigcerda, Albert Piñeira, assure que les 6 000 électeurs de sa commune pourront s'exprimer dimanche 1er octobre lors du référendum d'audo-détermination de la Catalogne. (Sébastien Berriot / RADIOFRANCE)

À l'approche du référendum d'auto-détermination en Catalogne, dimanche, les indépendantistes cachent le matériel de vote pour éviter qu'il soit saisi par la Guardia Civil, la police espagnole. Le scrutin s'organise dans le plus grand secret.

Les indépendantistes catalans vont-ils réussir à organiser leur référendum d'auto-détermination, prévu dimanche 1er octobre ? Ils mettent en tout cas tous les moyens en oeuvre pour y arriver. Alors que la Cour constitutionnelle espagnole a déclaré ce scrutin illégal et que le gouvernement a procédé à l'arrestation de plusieurs hauts-fonctionnaires catalans, les indépendantistes s'organisent dans le plus grand secret pour assurer la tenue du vote. 

Le matériel de vote est caché dans un lieu secret

L'enjeu principal est de réussir à mettre en place des bureaux de vote, dans lesquels les électeurs pourront trouver du matériel électoral tels que des bulletins, des enveloppes et des urnes. Or, ce matériel fait l'objet de saisies par la Guardia Civil. Les indépendantistes cachent donc leur matériel. À Puigcerda, une petite ville de 10 000 habitants située dans les montagnes pyrénéennes, à la frontière avec la France, tout s'organise dans le plus grand secret, comme le rapporte France Bleu Roussillon.

La municipalité, dirigée par les indépendantistes se montre confiante. On assure que les 6 000 électeurs pourront s'exprimer dimanche. Pour cela, la ville a fourni une salle dans une école qui servira de lieu de vote. Cependant, pour éviter les saisies de matériel électoral par la Guardia Civil, pas question d'en dire plus. "Nous n'avons ni les urnes, ni les bulletins. Ils vont nous arriver d'un moment à l'autre, je ne sais pas quand ni d'où parce que c'est complètement caché", assure Domingo Mora, adjoint au maire. Seules quelques rares personnes savent aujourd'hui où se trouvent les urnes et les bulletins. La méfiance est de mise face à la Guardia civil espagnole.

Ils ont fouillé partout donc ça veut dire que s'ils arrivent à trouver le matériel qui est préparé pour le 1er octobre, ils vont l'emporter, c'est certain !Domingo Mora, adjoint au maire de Puigcerdaà franceinfo

Au-delà des interventions policières en amont, la municipalité craint aussi une opération le jour du vote, dimanche. "C'est un risque", admet Albert Piñeira, le maire de Puigcerda. "Malheureusement, ça rappelle d'anciennes époques de l'Espagne mais j'espère qu'ils feront preuve de bon sens pour permettre le vote." Il n'arrive pas à concevoir que l'État espagnol puisse empêcher le vote. "Que la police retire des urnes, ce n'est pas une image acceptable dans un pays européen."

Pour ne pas exposer les employés municipaux à des poursuites judiciaires, aucun fonctionnaire de Puigcerda ne participe à l'organisation du vote. Tout le travail a été confié à des bénévoles.