Espagne : un parti indépendantiste catalan ouvre la voie à la reconduction du socialiste Pedro Sanchez

Le socialiste Pedro Sanchez, le 30 décembre 2019.
Le socialiste Pedro Sanchez, le 30 décembre 2019. (GABRIEL BOUYS / AFP)

Avec 155 députés au total, les socialistes et le parti de gauche radicale Podemos ont besoin de l'appui d'autres forces politiques.

Pedro Sanchez a gagné son pari. Jeudi 2 janvier, le parti indépendantiste catalan ERC a ouvert la voie à la reconduction du socialiste à la tête du gouvernement en Espagne en décidant jeudi que ses 13 députés s'abstiendraient au cours d'un vote décisif pour la formation du gouvernement.

Avec 155 députés au total, les socialistes et le parti de gauche radicale Podemos ont besoin de l'appui d'autres forces politiques pour que Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018, puisse être investi à la tête du premier gouvernement de coalition du pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Une consultation en Catalogne

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a confirmé dans un communiqué que l'accord scellé avec ERC comprenait l'ouverture d'un processus "de dialogue, de négociation et d'accord entre le gouvernement de l'Espagne et le gouvernement (l'exécutif régional, ndlr) de Catalogne", dans un délai de 15 jours. Selon les deux partis, au terme de ces négociations, les citoyens de Catalogne seront "consultés", à propos des mesures proposées.

Le dirigeant d'ERC, Oriol Junqueras, incarcéré depuis plus de deux ans, avait été condamné en octobre à 13 ans de prison pour "sédition" et "détournements" de fonds publics pour son rôle dans la tentative de sécession en 2017 de la Catalogne, dont il était le vice-président.

Dans les négociations avec les socialistes, ERC avait exigé un geste politique en faveur de Junqueras de la part de l'Etat espagnol. L'avocat de l'Etat a demandé lundi à la Cour suprême d'autoriser Junqueras à sortir temporairement de prison pour prendre ses fonctions de député européen, en application d'une décision de la justice européenne. La Cour Suprême doit rendre sa décision dans les jours à venir.

Vous êtes à nouveau en ligne