Catalogne : 51 indépendantistes arrêtés après des violences, le gouvernement convoque les chefs de partis en urgence

Un homme brûle un drapeau espagnol lors d\'une manifestation à Barcelone, le 15 octobre 2019.
Un homme brûle un drapeau espagnol lors d'une manifestation à Barcelone, le 15 octobre 2019. (PAU BARRENA / AFP)

Ces violences ont éclaté en marge des manifestations organisées contre la condamnation de neuf responsables indépendantistes à de lourdes peines de prison. 

Les scènes de violence se poursuivent en Catalogne, après la condamnation à Madrid de neuf responsables indépendantistes. Cinquante-et-une personnes ont été arrêtées après des violences survenues, dans la nuit de mardi à mercredi, lors de manifestations dans la région contre cette décision de justice, a annoncé le gouvernement espagnol, mercredi 16 octobre. 

72 policiers régionaux et nationaux ont été blessés dans ces violences, certains souffrant de fractures, selon le ministère de l'Intérieur. Entre forces de l'ordre et manifestants, 125 personnes ont été blessées, selon les services d'urgence.

Dans la foulée, le chef du gouvernement espagnol a convoqué d'urgence les patrons des principaux partis. Ces consultations avec la droite, le centre libéral et la gauche radicale visent à déterminer la réponse à donner.

40 000 manifestants à Barcelone

Après le blocage de l'aéroport de Barcelone, lundi, par des milliers de manifestants, la tension est montée d'un cran dans la région. Conteneurs en feu, charges policières... Le centre de Barcelone a vécu des scènes de guérilla urbaine, mardi soir. Des heurts ont également eu lieu à Gérone, Tarragone ou Lérida où, comme à Barcelone, les associations indépendantistes avaient appelé à manifester devant les bâtiments gouvernementaux.

Quelque 40 000 personnes ont participé à la manifestation dans la capitale catalane, avant que les heurts n'opposent quelques centaines de militants aux forces de l'ordre, qui ont chargé. Des barricades ont été érigées, tandis que des policiers poursuivaient des manifestants leur ayant lancé bouteilles ou objets incendiaires. Selon le gouvernement espagnol, la ligne à grande vitesse entre Barcelone et la France a été coupée à la suite d'un sabotage.

Une "grève générale" décrétée vendredi

Dans la nuit, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a dénoncé la "violence généralisée" dans ces manifestations. "Une minorité veut imposer la violence dans les rues des villes catalanes (...) Il est évident que nous ne sommes pas face à un mouvement citoyen pacifique mais coordonné par des groupes qui utilisent la violence dans la rue pour rompre la coexistence en Catalogne", a ajouté le gouvernement, en promettant de "garantir la sécurité" avec "fermeté".

La mobilisation se poursuit toutefois, mercredi, avec des marches devant converger vendredi à Barcelone, jour de "grève générale" et de manifestation massive. Des routes et des voies ferrées étaient toujours coupées. En raison de "circonstances exceptionnelles", la Ligue espagnole de football a demandé à la Fédération que le prochain "Clasico" (FC Barcelone-Real Madrid), prévu samedi 26 octobre à Barcelone, puisse se jouer à Madrid.

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