En Espagne, l'extrême droite espère faire une percée lors des législatives anticipées

Santiago Abascal, le leader du parti Vox, le 10 novembre. 
Santiago Abascal, le leader du parti Vox, le 10 novembre.  (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

Le parti Vox pourrait doubler le nombre de ses sièges après les élections dimanche. 

Retour aux urnes pour les Espagnols. Pour la deuxième fois en six mois, l'Espagne vote pour élire ses députés. Le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez, arrivé en tête en avril dernier, n'a pas pu créer de coalition gouvernementale depuis et a dû dissoudre le parlement. L’enjeu, de nouveau, c’est la poussée de l’extrême droite. 

Xénophobe, populiste, hostile aux immigrés, à l’avortement et au féminisme, le parti Vox a envoyé ses tous premiers députés au parlement lors du dernier scrutin et il pourrait aujourd'hui doubler son score. La droite espagnole a déjà pactisé avec lui dans deux régions pour garder le pouvoir.

"On sent beaucoup de pression"

Face au danger, le socialiste Pedro Sanchez, favori du scrutin, lance un appel à la mobilisation de toute la gauche. Cependant, pour Gemma, une citoyenne espagnole, ce n’est pas la bonne méthode. "On sent beaucoup de pression. Le message, c’est : 'Allez voter sinon l’extrême droite va passer !'" explique-t-elle à franceinfo. "On ne doit pas voter par peur ! On doit voter par conviction ! Si Vox gagne, ce n’est pas de ma faute", plaide-t-elle.

Le parti Vox, qui promet d’interdire les partis séparatistes, attire les Espagnols effrayés par les troubles de la mi-octobre en Catalogne. Il catalyse aussi la colère contre les partis traditionnels, incapables de s’entendre pour former un gouvernement, explique Gabriel Colomé qui enseigne les sciences politiques à l’Université autonome de Barcelone. "C'est un vote protestataire qui veut dire 'j'en ai marre des politiciens, ils ne se mettent pas d'accord alors qu'on a voté'", affirme-t-il. Il y a quatre ans, Vox avait obtenu 0,2% des voix. Dimanche soir, il ambitionne de devenir le 3e parti politique espagnol. 

A Barcelone, le reportage d'Isabelle Labeyrie
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