"C'est un véritable coup d'Etat" : trois unionistes critiquent le référendum d'indépendance en Catalogne

Des militants anti-indépendance manifestent à Barcelone (Catalogne, Espagne), samedi 30 septembre.
Des militants anti-indépendance manifestent à Barcelone (Catalogne, Espagne), samedi 30 septembre. (JUAN CARLOS LUCAS / NURPHOTO)

A la veille du référendum d'autodétermination de la Catalogne, des milliers d'anti-indépendantistes ont défilé à Barcelone. Trois d'entre eux racontent la raison de cette mobilisation.

"Nous sommes espagnols !" A la veille du référendum d'autodétermination de la Catalogne, les unionistes ont fait entendre leur voix dans les rues de Barcelone. Samedi 30 septembre, ils étaient plusieurs milliers à exprimer leur colère face au référendum organisé dimanche par le gouvernement indépendantiste de la région et jugé illégal par la Cour constitutionnelle espagnole. Franceinfo est allé à leur rencontre.

Soledad : "J'ai beaucoup de peine aujourd'hui"

Malgré sa petite taille, Soledad, sexagénaire, ne passe pas inaperçue dans la manifestation des unionistes. "Vive l'Espagne, et vive la Catalogne !", s'époumone la sexagénaire dans le cortège, un drapeau espagnol d'un côté et un catalan de l'autre. "J'ai beaucoup de peine aujourd'hui, dit-elle, émue. J'ai connu la dictature, et je ne pensais pas que mes petits-enfants auraient à connaître une période aussi difficile aujourd'hui."

"La haine à l'intérieur même des familles, je sais ce que c'est, explique cette Catalane, les larmes aux yeux. Mes enfants ne savent pas que je suis là parce qu'ils sont indépendantistes." Visiblement marquée par la tension qui règne en Catalogne depuis plusieurs semaines, elle est venue manifester pour dénoncer le référendum. "C'est un véritable coup d'Etat, explique-t-elle. Les indépendantistes utilisent des enfants pour laisser ouverts les bureaux de vote, c'est inacceptable."

David : "Le référendum est illégal, on ne doit pas y participer"

"Nous défendons l'unité de l'Espagne, explique calmement David, étudiant barcelonais. Nous avons tous de la famille dans les différentes régions du pays." A 20 ans, il est venu défendre les couleurs de l'Espagne, alors que l'indépendance séduit de nombreux jeunes Catalans. "A l'intérieur de la loi, on peut discuter de tout, mais là ce n'est pas possible avec l'attitude des indépendantistes", lance-t-il, reconnaissant que la répartition de l'impôt catalan, récolté par Madrid, pourrait être amélioré.

Comme de nombreux unionistes, il considère qu'il ne faut pas aller voter "non" à la consultation, mais la boycotter : "Le référendum est illégal, on ne doit pas y participer." Même ligne de défense pour commenter la réaction du gouvernement espagnol, dirigé par le Parti populaire. "Il ne fait que ce pourquoi il a été élu, estime-t-il. C'est-à-dire faire respecter la loi."

Laura : "Ce référendum est devenu un mensonge"

"On est catalans et on est espagnols", martèle Laura, dans les rues de Barcelone. Elle, drapeau catalan sur le dos, est venue avec Roberto, arborant un drapeau espagnol pour promouvoir "l'harmonie" dans la région. "On veut que la loi soit respectée, pour être en sécurité, affirme-t-elle. Et la sécurité, c'est la première des libertés."

Roberto et Laura manifestent contre l\'indépendance de la Catalogne, à Barcelone, samedi 30 septembre 2017.
Roberto et Laura manifestent contre l'indépendance de la Catalogne, à Barcelone, samedi 30 septembre 2017. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

Malgré sa détermination, Laura nuance son propos lorsqu'il s'agit de défendre l'attitude du gouvernement  dirigé par le Parti populaire dans la gestion du référendum. "Je pense qu'ils auraient pu agir avant, reconnaît-elle. Aujourd'hui, cela paraît disproportionné." Elle reste de tout même très remontée contre l'attitude des indépendantistes ces dernières semaines. "Ce référendum est parti d'un délire et c'est devenu un mensonge, s'insurge-t-elle. Mais un mensonge, même répété de nombreuses fois, ne devient pas une vérité."

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