VIDEO. Comités écologiques : ménage en vue chez Théodule

Quand l’État doit prendre une décision, en général il consulte des experts. C’est même une spécialité hexagonale : les comités, commissions, conseils supérieurs et autres hauts conseils… Rien que pour l’écologie, il en existe plus de 60 ! Sont-ils tous vraiment utiles ? Enquête sur un casse-tête très français.

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Fin avril, Emmanuel Macron annonçait la création d’un nouveau “.conseil de défense écologique”. Mais aussi d’une “convention citoyenne, de 150 citoyens tirés au sort dès le mois de juin."

D’ailleurs quelques jours plus tard, au ministère de la Transition écologique, se tient une réunion pour discuter de cette convention. “L’idée c’est de faire une assemblée citoyenne qui délibère et qui propose des solutions qui soient soumises à référendum, détaille le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion, qui participe à la réunion. Ne craint-il pas que son projet ne devienne un "gadget" de plus ? “Évidemment qu’on a peur, évidemment qu’on se méfie. Et c’est justement pour ça qu’on vient discuter.”

62 comités écolo... dont 27 à l'arrêt

S’il est inquiet, c’est qu’au ministère de l’Écologie, il existe 62 instances, répertoriées dans le budget de l’État. Des comités qui pour certains traînent une réputation tenace : de longues réunions d’experts autour d’une table dont l’utilité pose parfois question… On les appelle les comités “Théodule”.

Sur les 62 liés à l’environnement, presque la moitié, 27, ne travaillent plus, ou presque : entre 0 et 2 réunions seulement depuis 2017 !

Alors sont-ils tous bons à jeter ? Nous avons montré la liste complète de ces comités à deux grandes associations écologistes, Greenpeace et France Nature Environnement. 

"Comité de coordination industrielle pour les déchets radioactifs : je ne connais pas, alors que nous sommes très impliqués sur cette question...", s'étonne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, la liste entre les mains. "Conseil supérieur de l'énergie : je connais, mais ça dort !" assure Michel Dubromel, président de France Nature Environnement (FNE).

Greenpeace trouve la plupart de ces comités inutiles : elle n’est membre que de 3 d’entre eux. Quant à France Nature Environnement, membre de 17, pour les questions importantes, "on passe directement au ministère !, admet Michel Dubromel. Nous n’attendons pas qu’il y ait une réunion d’une commission que l’État ne veut pas faire fonctionner.”

On ne prenait aucune décision mais je dirais presque pire que ça, on n’en inspirait aucune !

Gilles Savary (ancien président du Conseil supérieur de l'aviation civile)

Confirmation avec Gilles Savary, ancien président du Conseil supérieur de l’aviation civile (CSAC) : son comité Théodule n’avait selon lui rien d’indispensable. “Nous n’avons jamais été saisi par le gouvernement. Deuxièmement, l’essentiel des affaires importantes ne nous passaient pas entre les mains, elles étaient gérées directement par l’administration, se souvient l'ancien député socialiste, président du CSAC de 2012 à 2017. On ne prenait aucune décision mais je dirais presque pire que ça, on n’en inspirait aucune !”

Le ministère prêt à "faire le ménage"

Une situation parfois ubuesque dont semble être conscient le gouvernement. “Il y a peut-être quelques comités que l'on peut supprimer, d'ailleurs le Président de la République nous a demandé de faire un peu le ménage, nous assure François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire. Je choisirai d'abord ceux qui ne se réunissent pas ou très peu. A ce moment-là on supprime.”

Depuis 2007, tous ministères confondus, l’État a supprimé 412 comités. Il en reste 387 à ce jour : on ne sait pas combien de Théodule se cachent parmi eux...

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