Tepco a confirmé mardi officiellement que le combustible avait fondu dans trois réacteurs de Fukushima

Le réacteur nucléaire n°3 de Fukushima (Japon)
Le réacteur nucléaire n°3 de Fukushima (Japon) (AFP PHOTO / HO / TEPCO via JIJI PRESS)

"Il est probable que la fusion se soit produite au sein des réacteurs deux et trois" comme dans le réacteur numéro un, a reconnu Tepco, opérateur de la centrale nucléaire.Le "pire scénario" évoqué quelques jours après la catastrophe nucléaire s'est donc bien produit, comme le soupçonnaient depuis le début de nombreux experts.

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"Il est probable que la fusion se soit produite au sein des réacteurs deux et trois" comme dans le réacteur numéro un, a reconnu Tepco, opérateur de la centrale nucléaire.

Le "pire scénario" évoqué quelques jours après la catastrophe nucléaire s'est donc bien produit, comme le soupçonnaient depuis le début de nombreux experts.

L'opérateur a expliqué que le combustible partiellement fondu était désormais presque complètement immergé sous les tonnes d'eau injectées dans les cuves, comme l'attestent les températures relativement basses relevées sur les parois.

Les réacteurs "sont en cours de refroidissement et leur condition est stable", a affirmé le porte-parole, écartant le risque d'une nouvelle fusion incontrôlée.

Pour ne rien arranger, les cuves fuient
Pendant plusieurs semaines après la catastrophe, l'opérateur, comme le gouvernement, n'avait évoqué qu'une fusion partielle.

Selon les dernières informations publiées par Tepco et l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, la cuve sous pression et l'enceinte de confinement du réacteur 1 "seraient endommagées et fuiraient".

L'état des cuves des réacteurs 2 et 3 est "inconnu" mais l'enceinte de confinement du 2 a "probablement été endommagée" et fuirait elle aussi.

Tokyo promet de livrer toutes ses données à l'AIEA
Le gouvernement japonais a approuvé mardi la constitution d'une commission d'experts indépendants afin d'enquêter sur cet accident, le plus grave depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Le ministre de l'Industrie du Japon a promis mardi aux experts dépêchés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de leur donner toutes les données disponibles sur la centrale sinistrée de Fukushima.

L'équipe, qui doit inspecter la centrale vendredi, présentera ses conclusions au gouvernement japonais le 1er juin et livrera son rapport lors d'une conférence de l'AIEA au niveau ministériel à Vienne à la fin du même mois.

L'IRSN estime qu'il faudrait élargir le périmètre d'évacuations
Des dizaines de milliers de personnes vivant dans des zones contaminées au Japon au-delà de la zone d'évacuation initiale de 20 km, devraient être évacuées, estime l'Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire (IRSN).

Plus de 80.000 personnes ont été évacuées d'une zone interdite d'accès dans un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima. Mais l'IRSN souligne que des dépôts importants d'éléments radioactifs ont été relevés au-delà de la zone de 20 km.

Environ "70.000 personnes dont 9.500 enfants de 0 à 14 ans" vivent dans ces "territoires les plus contaminés" par le panache radioactif de la centrale, indique un rapport d'évaluation de l'impact des doses reçues publié lundi soir par l'IRSN.

Faute d'évacuation, elles risquent de subir une irradiation externe de plus de 10 millisieverts (mSv) dans l'année suivant l'accident de Fukushima , selon l'IRSN qui ne prend pas en compte la contamination interne due à l'éventuelle ingestion d'aliments contaminés.

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