Simuler les inondations pour gagner du temps : "Ce peut être crucial"

(Le simulateur d'inondations de l'Irstea © RF/ Anne-Laure Barral)

Comment mieux prévoir les inondations alors que le changement climatique devrait les aggraver dans certaines zones du globe comme en Méditerranée. Un sujet dont il sera question ce jeudi à Marseille. Reportage dans un centre où des crues sont simulées.

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 Dans un hangar de l’université de Villeurbanne près de Lyon, Sébastien Proust, simule une crue soudaine sur une grande maquette de 18 mètre de long. Un couloir vitré avec un canal  et aux bords de petits bâtonnets en bois et de la moquette verte en guise de forêts et de prairies.

Une vitesse d’un mètre par seconde peut suffire pour emporter un adulte

Ce chercheur en hydraulique des rivières à l’Irstea, l’institut de recherche en sciences et technologie pour l’environnement et de l’agriculture, voit à l’échelle d’un centième ce qui se passe lorsqu’il fait déborder le canal. "Souvent on est focalisé sur des hauteurs d'eau mais ce qui est dangereux c'est aussi la vitesse. Car si vous avez une vitesse nulle et trois mètres d'eau, vous vous en sortez si vous savez nager . Par contre s'il y a un mètre d'eau comme à Vaison-la-Romaine mais que vous avez des vitesses extrêmes, vous êtes emporté par l'écoulement et il y a de fortes chances que ça finisse en noyade ".

Il faut à peine 50 cm d’eau mais une vitesse d’un mètre par seconde peut suffire pour emporter un adulte.

 

Aujourd’hui Sébastien Proust cherche à simuler des crues milénales voire décamilénales, c'est-à-dire celles que nous avons une chance sur mille ou 10.000 de connaitre chaque année. C’est peu mais c’est plus que nos chances de gagner au loto et on sait que parfois cela arrive. Blague à part ce sont les crues auxquelles se préparent les centrales nucléaires.

Gagner du temps en cas de fortes pluies

Ce simulateur va permettre aux hydrologues d’améliorer leur méthode  et de donner aux élus une évaluation aux hameaux près de ce qui risque d’être inondé. Une façon de gagner du temps lorsque de fortes pluies s’annonceront. "Si on gagne un quart d'heure, ce ne sera pas suffisant pour positionner les services de secours. Si on gagne d'une à trois heures, ça peut être crucial " explique Catherine Fouchier du laboratoire d’Aix-en-Provence. Cette méthode va donc s’appliquer dès l’an prochain au 100.000 km de cours d’eau qui ne sont pas encore jaugés en temps réel par l’Etat. 

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