Recul du "jour du dépassement" des ressources de la planète : "C’est comme si nous avions besoin d’1,7 planète"

L'humanité a consommé la totalité des ressources que la Terre peut renouveler en un an et vit "à crédit" jusqu'au 31 décembre. Arnaud Gauffier, de WWF, pointe nos modes de consommation et de production.

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L’humanité vivra à crédit jusqu’au 31 décembre. Mercredi 3 août est le "jour du dépassement" : nous avons d’ores et déjà consommé les ressources que la planète peut renouveler en une année, selon les calculs de plusieurs ONG. L’an dernier, la date symbolique était le 3 août. "C’est comme si nous avions besoin d’1,7 planète", a précisé ce mercredi matin sur franceinfo Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF. 

Est-ce que le phénomène s’accélère ?

Le rythme, c’est un peu la bonne nouvelle dans cette avalanche de mauvaises nouvelles, a ralenti depuis à peu près six ans grâce au développement des énergies renouvelables, notamment. Maintenant, on produit plus d’électricité à partir de renouvelable qu’à partir de charbon, grâce à certaines avancées sur le front de la déforestation. En France, des choses vont dans le bon sens comme le développement de l’agriculture biologique, la lutte contre le gaspillage alimentaire… 

De quoi on parle précisément quand on parle de ressources naturelles que la planète peut renouveler ?

C’est comme si nous avions besoin d’1,7 planète : l’humanité a besoin de plus d’une planète. On voit très bien que ce n’est pas soutenable. Cela veut dire qu’à partir d’aujourd’hui, nous avons consommé plus de poissons que ce que la planète est capable de renouveler en un an, doncnous allons commencer à taper dans le potentiel de renouvellement des stocks de poissons, ce qui peut provoquer son épuisement. On l’a vu avec la morue au large du Canada il y a quelques années. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas irréversible puisque nous avons arrêté de pêcher la morue et que le stock s’est reconstitué. C’est pareil pour les forêts.

La hausse de la démographie explique-t-elle l’épuisement des ressources ?

Effectivement, l’augmentation de la démographie joue dans l’avancée de cette date. Mais c’est avant tout nos modes de consommation et de production qui sont en cause. Cela ne sert à rien de blâmer certains pays d’Afrique où il y a sept, huit enfants par femme, parce que eux ont une empreinte écologique qui est ridicule par rapport à la nôtre. Les pays développés sont la principale cause de l'avancée de cette date. Si tout le monde vivait comme un Américain, il nous faudrait cinq planètes...

Est-ce qu’il y a des sources d’espoir pour le futur ?

Il y a des sources d’espoir. Il a de la volonté politique sur le changement climatique : on l'a vu avec le plan climat présenté par Nicolas Hulot, il y a quelques semaines. Maintenant ce qui reste à voir et à mettre en œuvre c’est un peu le plan d’action pour aller vers cela, vers cette volonté politique : quels sont les moyens financiers ? Quels sont les moyens techniques ?

Il y a des solutions à deux échelles : des solutions globales qui se traitent au niveau politique et des solutions individuelles ? 

Exactement. Autant les petits gestes du quotidiens ne seront pas suffisants, autant les grands accords comme l’accord de Paris ne seront pas suffisants non plus si chacun ne fait pas un effort. A notre échelle, on peut consommer moins de viande et moins de poisson, par exemple. Aller vers des produits de meilleure qualité. Cela ne signifie pas que tout le monde doit être végétarien mais manger moins et mieux. Quand on va chercher son pain, quand on va faire quelques courses, on peut également essayer de prendre son vélo. C’est aussi faire la transition vers des voitures plus propres. Il y a des primes qui sont annoncées pour des véhicules électriques, pour la fin des véhicules diesel. C’est l’addition de tous ces gestes ont un impact. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. WWF lancera une appli dans le courant de l’année prochaine sur ces petits gestes qui nous amènent à consommer responsable que ce soit sur l’alimentation, sur les transports ou sur l’énergie.

La date de renouvellement pour l’année prochaine ?

La tendance est assez mauvaise parce qu'elle progresse. On pourra se réjouir quand cette date sera repoussée dans l’année.

"C’est comme si nous avions besoin d’1,7 planète" - Arnaud Gauffier (WWF)
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