Pollution aux hydrocarbures dans le Var : "Il faudra des mois pour arriver à nettoyer les plages"

Opération de nettoyage de la pollution aux hydrocarbures à Porquerolles, le 19 octobre 2018.
Opération de nettoyage de la pollution aux hydrocarbures à Porquerolles, le 19 octobre 2018. (LAURENT MARTINAT / MAXPPP)

Des boulettes d'hydrocarbures ont été retrouvées sur 37 plages varoises, après la collision de deux navires au large de la Corse, il y a quinze jours. Elles sont maintenant fermées au public. Une situation "désespérante" pour Jean-Pierre Giran, le maire de Hyères.

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Dix communes du Var et 37 de leurs plages sont touchées par la pollution aux hydrocarbures liée à la collision de deux navires au large de la Corse, il y a quinze jours. Parmi elles, Hyères dont le maire est très inquiet. "C'est un peu désespérant", a témoigné mardi 23 octobre, sur franceinfo, Jean-Pierre Giran, le maire de Hyères. François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, se rend dans le Var mardi 23 octobre dans l'après-midi. 

franceinfo : Quelle est la situation pour l'instant ? 

Jean-Pierre Giran : Nous avons un grand nombre de plages impactées, notamment sur l'île de Porquerolles où les trois principales plages ont été atteintes par les hydrocarbures, nous avons également la presqu'île de Giens qui est atteinte et à tout moment nous nous attendons à ce que des galets d'hydrocarbure nous rejoignent. J'ai interdit l'accès et la baignade sur ces plages.

Environ 150 personnes sont mobilisées pour nettoyer les plages. Qui sont-elles ?

À l'heure actuelle ce sont des personnels municipaux, de la métropole Toulon Provence Méditerranée, également la Protection civile de Brignoles. Ce sont uniquement ceux-là. Ce n'est que demain ou après-demain qu'une société spécialisée va prendre la relève à la demande des deux bateaux qui se sont percutés et qui a été mandatée par les assureurs.

Combien de temps pensez-vous que cette pollution va durer ?

La certitude c'est que même s'il n'y a plus beaucoup d'arrivées [de boulettes d'hydrocarbure], il faudra des mois pour arriver à nettoyer les plages et surtout les blocs rocheux. Nous n'allons pas baisser la garde.

Que pensez-vous de la gestion de cette pollution par l'Etat ?

Je ne sais pas s'il y a une gestion, mais je m'aperçois que le plan Polmar a été diligenté neuf jours après l'accrochage des deux bateaux. Cela me paraît très tardif. La compassion et l'empathie se sont pas des solutions aux problèmes écologiques. Je me rends compte qu'il n'y a aucune technique moderne pour essayer de neutraliser ces issues d'hydrocarbures. Aujourd'hui, c'est le personnel municipal qui est sur le terrain. L'État nous accompagne, nous informe ou nous demande des informations. Nous recevons le ministre de l'Écologie nous lui donnerons des informations, mais je ne suis pas sûr qu'il nous apporte des solutions. Il faudrait qu'un jour on finance des innovations en matière de drainage de ces hydrocarbures. Il faudrait aussi que les interventions soient plus précoces. Neuf jours pour déclencher le plan Polmar, ce n'est pas sérieux.

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