VIDEO. "Une pollution faite sciemment pour sauver les intérêts des planteurs" ? "Complément d'enquête" revient sur le scandale du chlordécone aux Antilles

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE / FRANCE 2

En France, ce pesticide reconnu comme "cancérigène probable" a été interdit en 1990. Pourtant, il a fallu attendre 1993 pour qu'il soit définitivement proscrit aux Antilles. Plus de quinze ans après les Etats-Unis... L'Etat aurait-il cédé au lobbying de la filière de la banane aux dépens de la santé publique ?  "Complément d'enquête" revient sur le scandale du chlordécone.

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Sous son appellation commerciale de Képone ou Curlone, le chlordécone avait, dans les années 1970, la réputation d'un produit miracle dans les bananeraies des Antilles. Avec 30 grammes de cette poudre blanche à leur pied, les bananiers étaient protégés de leurs ennemis jurés, les charançons. 

Mais en 1975, un scandale sanitaire éclate aux Etats-Unis. Les ouvriers qui fabriquent le pesticide, en Virginie, sont atteints de troubles neurologiques. La rivière proche de l'usine est polluée. Les Américains découvrent les dangers de ce pesticide et le bannissent.

"Cancérigène probable", responsable d'une pollution des sols et des eaux

L'OMS (Organisation mondiale de la santé) le classe même "cancérigène probable" en 1977. Au même moment, des chercheurs français de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) mettent en évidence une pollution des eaux et des sols par le chlordécone.

La filière de la banane, elle, ignore ces alertes. Dans les plantations antillaises, les ouvriers réclament l'interdiction du pesticide, qui continue à être utilisé. Mais il est pratiquement impossible de s'y opposer. "Si tu veux pas le mettre, témoigne un ouvrier, tu rentres chez toi. Tu perds ta journée de travail, t'es pas payé."

Plus de 90% des Guadeloupéens et Martiniquais contaminés

L'Etat a-t-il cédé au lobbying des planteurs aux dépens de la santé publique ? Il va attendre 1993 pour interdire définitivement le chlordécone. Plus de quinze ans après les Etats-Unis... Et l'interdiction est loin d'avoir réglé le problème, comme le montre la suite de ce reportage de "Complément d'enquête".

Aux Antilles, plus de 90% des habitants ont du chlordécone dans le sang. Epandue pendant près de vingt ans, la molécule a ruisselé jusque dans les prairies où se nourrit le bétail. On la retrouve dans les potagers des particuliers. Selon les scientifiques, il faudrait six siècles pour dépolluer les sols.

Extrait de "Chlordécone : les Antilles empoisonnées", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 27 février 2020.

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