VIDEO.Marseille : une pollution historique au chrome inquiète les riverains

Arroser les légumes de son jardin avec l’eau du puits est un geste banal, sauf dans le  quartier Saint-Louis de Marseille. L’eau de la nappe phréatique est toxique Elle contient du chrome VI, subsance classée cancérogène.  La mairie de Marseille le savait mais elle a mis des années avant d’agir.

#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Dans le Nord de Marseille, l’ancien quartier ouvrier de Saint-Louis. Christophe Barcello y arrose les légumes de son jardin depuis toujours, grâce à l’eau de son puits, qui descend à 40 mètres de profondeur. Des fraises, de la menthe, des raisins et des légumes qu'ils ont consommés pendant des années en famille. 

Il a décidé d'arrêter d’utiliser cette eau il y a quelques mois, quand il découvre sa couleur jaune, en remplissant un sceau "Quand on voit la couleur jaune comme ça, c'est vrai que ça fait peur".

Une eau contaminée au chrome VI, substance cancérogène 

Cette eau, non potable, utilisée par les habitants pour arroser les plantes et remplir leur piscine est contaminée au chrome 6, produit cancérogène. En octobre dernier, tout le quartier reçoit une lettre de la préfecture qui interdit l’utilisation des puits, et de leurs eaux souterraines. “S'il y a un risque, il y a mise en danger", s'inquiète l'habitant. "C'est un dysfonctionnement qui n'est pas normal”.

La pollution est historique

Alors d’où vient ce Chrome VI ? D'une usine de traitement des métaux, située au milieu des habitations. Tout commence en 2013 après la fuite d’une cuve que l’entreprise dit avoir colmatée. Mais énormément de chrome s’est répandu dans le sol, on en retrouve aujourd’hui, sur un rayon d’un kilomètre autour de la société. 

“On trouve entre 40 et 50 mg par litre, c’est à dire 500 fois le dépassement du seuil réglementaire. C’est une pollution qui est énorme”, s'inquiète Charles Chanut, habitant du secteur, épidémiologiste en retraite et membre de l'association Cap au Nord (Marseille).

Le chrome 6 s’est infiltré jusqu’aux nappes phréatiques. Elisabeth Pelliccio, habitante du quartier, suit ce dossier depuis le début. Et elle accuse. Dès 2015, la préfecture a demandé à la mairie de Marseille de prendre un arrêté d’interdiction d’usage de l’eau des puits. La ville attendra 4 ans pour le publier. “Pourquoi tant de temps ? Les gens ont utilisé l’eau pour arroser leur jardin, arroser leurs légumes, remplir leur piscine. C’est jouer avec la santé des habitants”, s'indigne Elisabeth Pelliccio, présidente du Comité de Quartier Saint-André (Marseille).

Pourquoi la mairie de Marseille n’a-t-elle pas prévenu les habitants immédiatement après la découverte du chrome ? Jean-Claude Gaudin, préfère esquiver la question.“Nous avons développé Marseille, c'est une ville pauvre, si nous ne faisons pas vivre des gens, des gens qui ont des ressources pour pouvoir participer, si on a de l'argent on peut le partager". Ce n'était pas notre question mais Jean-Claude Gaudin nous dit "qu'il répond ce qu'il veut". 

Après cette interview, la mairie nous a rappelé. Elle affirme avoir attendu des analyses avant de prévenir la population. Pourtant les premières études officielles alamantes remontent à 2014. Des années pour rédiger un arrêté, c’est aussi historique que cette pollution. 

Franceinfo est partenaire de la consultation "Agissons ensemble pour l'environnement" avec Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous.

Vous êtes à nouveau en ligne