Seine-et-Marne : à Savigny-le-Temple, un arrêté interdit les pesticides à moins de 150 mètres des habitations

La Cueillette de Servigny à Savigny-le-Temple.
La Cueillette de Servigny à Savigny-le-Temple. (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS)

La maire Savigny-le-Temple a décidé de prendre un arrêté anti-pesticides sur sa commune sans attendre les résultats de la concertation lancée par le gouvernement. 

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Dans la lignée de la commune de Langouët (Ille-et-Vilaine), des dizaines de maires partout en France prennent des arrêtés anti-pesticides ces dernières semaines. Alors que le gouvernement vient de lancer une consultation de trois semaines pour fixer, dans la loi, une distance minimale entre les champs traités aux pesticides et les habitations, la ville de Savigny-le-Temple, petite ville de Seine-et-Marne de 30 000 habitants, n'a pas attendu les conclusions de cette consultation. La maire a signé un arrêté lundi 9 septembre.

L'article 1 est on ne peut plus clair : "L’utilisation de produits phytopharmaceutiques, dont le glyphosate, est interdit sur l’ensemble de la commune à une distance inférieure à 150 mètres des habitations, des bâtiments à usage professionnel, des établissements scolaires, périscolaires et de petite enfance". Le gouvernement, lui, a proposé de fixer cette distance minimale à 5 mètres pour les cultures dites basses (céréales par exemple) et à 10 mètres pour les cultures hautes, telles que les vignes ou l'arboriculture. 

"Dire, c’est bien, mais agir c’est tellement mieux"

Les zones situées à moins de 150 mètres des ruisseaux et des puits sont aussi interdits aux pesticides par l'arrêté municipal. La voie de chemin de fer du RER D est également concernée, car la SNCF utilise encore du glyphosate pour désherber. Une interdiction totale, c'est toute la portée de cet arrêté fraîchement signé par Marie-Line Pichery, la maire socialiste de Savigny-le-Temple. "Dire, c’est bien, mais agir c’est tellement mieux", dit l’édile qui se définit comme lanceur d’alerte. "La volonté, c’est comment faire autrement et accompagner la mutation de l’agriculture. L’idée ce n'est pas d’aller contre les agriculteurs."

Un argument que soutient Luc Signolle, maraîcher, agriculteur et arboriculteur, dont l’exploitation, la Cueillette de Servigny, est située en partie sur la commune Savigny-le-Temple. Il cultive 15 hectares dans une zone désormais interdite au glyphosate. "On utilise des désherbants plutôt doux, qui n’ont pas de classification, ni risque cancérigène, ni risque mutagène" explique Luc Signolle qui se dit "sensible à l’usage des pesticides. J’ai envie de passer au bio de plus en plus."

Cas de cancers

Dans le hameau de Noisement situé sur commune de Savigny, en bordure des champs, Florent Heitz préside une association de riverain  pour la préservation de la nature dans le secteur. "On est très très perturbés par les produits phytosanitaires, ici. Mon épouse est décédée d’un cancer il y a deux ans. Je ne sais pas s’il y a une relation de cause à effet, on ne peut pas le prouver, on ne le prouvera jamais. Mais il y a eu une époque, il y a quelques années, où on avait plus d’une dizaine de cas de cancers sur Noisement alors qu’on a une centaine d’habitations ici… ça commence à faire beaucoup", déplore le riverain.

Un ras-le-bol entendu par la maire de Savigny-le-Temple. Même si cette dernière ne se fait pas d'illusion sur l'avenir de son arrêté : "il est fort probable que la préfète me demande de le retirer, mais je ne le retirai pas". 

A Savigny-le-Temple, l'interdiction des pesticides répond au ras-le-bol des riverains. Un reportage de Benjamin Illy.
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