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"Nous voulons des coquelicots" : une centaine de personnalités réclament l'interdiction des pesticides de synthèse en France

Un rayon de pesticides, dans un magasin, à Angoulême (Charente), le 19 octobre 2016. (BURGER / PHANIE / AFP)

A l'appel du journaliste spécialiste de l'environnement Fabrice Nicolino, personnalités et anonymes dénoncent une "situation devenue trop grave".

Une centaine d'activistes, mais aussi des citoyens anonymes, réclament l'interdiction de "tous les pesticides" de synthèse dans un "appel des coquelicots" ouvert aux signatures et qui sera lancé, mercredi 12 septembre, par le journaliste spécialiste des questions environnementales Fabrice Nicolino, dans Charlie Hebdo"Nous voulons des coquelicots !" dit le texte. C'est aussi le nom d'un site web qui appelle "à la résistance", et qui sera lancé mercredi.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée, le tiers des oiseaux a disparu en quinze ans, la moitié des papillons en 20 ans, les abeilles et les pollinisateurs meurent.L'appel des coquelicotsCharlie Hebdo

Le journaliste spécialiste des questions environnementales Fabrice Nicolino est à l'origine de l'appel, signé notamment par l'évêque de Troyes Marc Stenger. "C'est peut-être la première fois qu'un prélat de l'Eglise catholique s'associe à un texte publié par Charlie Hebdo", relève d'ailleurs Le Monde. La chanteuse Emily Loizeau, l'animateur Laurent Baffie, les ONG Greenpeace, France nature environnement, le sénateur EELV Joël Labbé et de nombreux anonymes ont déjà signé cet appel.

La situation "est devenue trop grave"

Après la publication ce printemps de nouvelles études sur le déclin des espèces et le rôle joué par les pesticides, "j'ai estimé que la situation était devenue trop grave pour qu'on se contente de pseudo-discours", explique Fabrice Nicolino à l'AFP. Pour lui, "au fond, on est confronté à une sorte d'apocalypse, quelque chose de fulgurant, dévastant les différentes formes de vie". "Une société démocratique a le droit de dire ce qu'elle veut ou ne veut plus", ajoute le président de ce Mouvement des coquelicots, qui publie mercredi un livre-manifeste, Nous voulons des coquelicots (éditions LLL), avec le directeur de l'ONG Générations futures, François Veillerette.

On ne veut plus des discussions sur la dangerosité des pesticides, ça a épuisé une génération et ça ne sert à rien.Fabrice NicolinoAFP

Pour ce numéro spécial de Charlie Hebdo, une quinzaine de membres de la rédaction a soumis quelques cheveux à des analyses. Selon Fabrice Nicolino, le laboratoire missionné a décelé entre 34 et 50 substances toxiques (sur 140 recherchées) telles que du lindane, un insecticide interdit en France depuis 1998, ainsi que des bisphénols.

Les porteurs de l'appel espèrent recueillir, en deux ans, 5 millions de soutiens en France. "On pense que la société française est capable de se lancer dans cette aventure, pour sortir des pesticides", "une tragédie pour la santé", dit encore Fabrice Nicolino, qui espère que le port de la cocarde en forme de coquelicot deviendra "viral", "comme la main de SOS Racisme il y a trente ans".