Vignoble français sans glyphosate : 41% des vignerons indépendants sont "déjà certifiés" sans pesticide

Des vins bio à la foire du vin, dans un magasin de la grande distribution, à Marseille.
Des vins bio à la foire du vin, dans un magasin de la grande distribution, à Marseille. (VALERIE VREL / MAXPPP)

Après l'annonce d'Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture, samedi 23 février, de faire du vignoble français le premier au monde sans glyphosate, le secrétaire général des vignerons indépendants de France, invité de franceinfo, affirme que de nombreux vignerons indépendants n'en utilisent déjà plus.

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Le glyphosate n'est pas l'avenir, selon Emmanuel Macron. Le président, en visite au Salon de l'agriculture, samedi 23 février, a répété son envie de transformer les vignes françaises en premier vignoble au monde sans glyphosate, d'ici trois ans. Un défi réalisable, selon Jean-Marie Fabre, secrétaire général des vignerons indépendants de France, invité de franceinfo. "41% de nos entreprises [vignerons indépendants] sont déjà certifiées, soit en bio, soit en haute valeur environnementale niveau 3 et 40% d'entreprises sont en passe d'être certifiées puisqu'elles sont en conversion." La transition serait déjà actée dans les vignes françaises.

franceinfo : Est-ce qu'on est déjà avancé sur le vin sans glyphosate avec certaines exploitations avec lesquelles vous êtes en contact ?

Jean-Marie Fabre : Concernant les chiffres évoqués par le président, je pense que sur ces chiffres-là on peut corroborer les propos du chef de l'Etat. Concernant les exploitations avec lesquelles je suis en contact, si je parle des vignerons indépendants, 41% de nos entreprises sont déjà certifiées, soit en bio, soit en haute valeur environnementale niveau 3 et 40% d'entreprises sont en passe d'être certifiées puisqu'elles sont en conversion. C'est donc une réalité. Nous avons des entreprises qui ont conscience de ces enjeux, qui ont acté depuis longtemps cette transition et qui l'accompagnent. Mais, il faudra être prudent aussi sur les pourcentages d'entreprises qui aujourd'hui, pour plein de raisons - contraintes techniques ou d'agronomie - ne seront peut-être pas, elles, dans la capacité de passer d'ici trois ans à ce zéro glyphosate.

Qu'est-ce qui coince pour ces entreprises que vous évoquez ?

Je pense que ce qui coince c'est que ce sont des entreprises qui souvent exploitent dans des conditions un peu extrêmes. Il y a parfois des sols très pentus, il y a parfois peu d'accès. Donc ce sont des entreprises que l'on doit encourager. Le président a dit qu'il ne fallait pas que ce soit une contrainte mais une opportunité, on le partage. Je pense aussi qu'il faut trouver une solution pour amener à ces entreprises la capacité à pouvoir passer ce cap. Si ce cap n'est pas franchissable d'ici les trois prochaines années, peut-être que dans quatre ou dans cinq ans, il faudra être en capacité de les laisser franchir ce cap-là.

Il faut faire attention aux contraintes qui sont les leurs, il faut bien les comprendre et leur permettre de réussir cette transition écologique y compris à travers notamment le process de certification à haute valeur environnementale. C'est un outil sur lequel je pense qu'aujourd'hui il faut qu'on soit en capacité d'accompagner le plus grand nombre d'entre nous.

Est-ce que ce vignoble français sans glyphosate peut être aussi attractif qu'aujourd'hui ?

Pour plein de raisons, le vignoble français a beaucoup d'avantages concurrentiels. C'est le premier vignoble du monde en terme d'image et de notoriété. Je crois que nos entreprises ont un avantage indéniable et je crois que les vignerons indépendants y contribuent. Effectivement, cette transition et la certification en bio et en haute valeur environnementale est un plus et je suis certain que d'ici trois ans, on aura la capacité à aller au bout de cette grand ambition que porte avec nous le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, et le président de la République qu'on a entendu aujourd'hui.

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