Le fichage de personnalités par Monsanto n'a pas concerné que la France, mais au moins six autres pays, reconnaît Bayer

Le logo du groupe de chimie allemand Bayer sur la façade de son siège historique, à Leverkusen (Allemagne), le 14 mai 2019.
Le logo du groupe de chimie allemand Bayer sur la façade de son siège historique, à Leverkusen (Allemagne), le 14 mai 2019. (WOLFGANG RATTAY / REUTERS)

Le groupe désormais propriétaire de Monsanto avait déjà reconnu que d'autres pays étaients "très probablement" concernés, et n'exclut pas que la liste s'allonge.

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L'affaire des fichiers de scientifiques, politiques et journalistes commandés par Monsanto s'étend. Deux semaines après les révélations sur le fichier concernant la France, le groupe Bayer, propriétaire de l'entreprise, a annoncé mardi 21 mai que six autres pays d'Europe, ainsi que les institutions européennes, étaient aussi concernés. 

"Nous estimons pour l'instant que l'agence Fleishman Hillard a établi pour le compte de Monsanto des listes en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Espagne et au Royaume-Uni, ainsi que pour des personnalités liées aux institutions européennes", écrit Bayer dans un communiqué.

Le cabinet d'avocats Sidley Austin, mandaté par l'entreprise allemande, "déterminera si de telles listes existent aussi dans d'autres pays", ajoute Bayer. Jusque-là, seule la liste établie en France était connue. Mais le groupe, après avoir présenté ses excuses, avait indiqué la semaine passée que d'autres pays européens étaient "très probablement" concernés.

Le cabinet auteur de fichiers écarté de la communication de Monsanto

En France, les personnalités concernées ont été fichées en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM, et de leur propension à être influencées.

Le chimiste allemand, propriétaire de Monsanto depuis l'an dernier, a également annoncé avoir mis un terme "jusqu'à nouvel ordre" à sa collaboration en matière de communication avec Fleishman Hillard, mais continuera à travailler avec ce cabinet sur des questions de marketing. Les fichiers en question datent de 2016, avant le rachat de Monsanto par Bayer. Le groupe compte contacter les personnalités fichées fin mai.

En France, la justice a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal, qui vise notamment le chef de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite". Plusieurs médias, dont France Télévisions et Radio France, ont annoncé avoir saisi la justice et la Cnil.

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