VRAI OU FAKE Les chats sont-ils "pour partie" responsables du déclin des populations d’oiseaux ?

Un chat tenant un oiseau dans sa gueule.
Un chat tenant un oiseau dans sa gueule. (A.J. CASSAIGNE / PHOTONONSTOP)

Selon Christiane Lambert, présidente du premier syndicat du monde agricole, le déclin des oiseaux dans nos campagnes s’explique "pour partie" par l’agriculture, mais aussi par les chats. 

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C’est une affirmation lancée sur franceinfo par la présidente de FNSEA : "Plusieurs études sont parues pour dire qu’il y avait pour partie une responsabilité des pratiques agricoles mais aussi une responsabilité d’autres faunes, notamment les chats. Il y a des études très sérieuses qui le montrent", a déclaré Christiane Lambert lors de l’émission l’interview éco du 3 décembre dernier. S'il est vrai que le chat est un facteur non négligeable de mortalité pour les oiseaux, les chercheurs sont unanimes pour dénoncer comme principale cause les ravages de l’agriculture intensive.     

Entre 1,3 et 4 milliards d’oiseaux tués chaque année par les chats aux États-Unis 

Il existe au moins une étude sérieuse sur le sujet, réalisée aux États-Unis. Elle a été publiée en 2013 par la revue scientifique Nature. Et elle estime que les chats en liberté tuent "entre 1,3 et 4 milliards d’oiseaux par an" rien qu’aux États-Unis. Pour obtenir cette estimation, les scientifiques ont pris en compte le nombre d’oiseaux tués en moyenne chaque année par un chat domestique et la population d’oiseaux. En France, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) estime qu’un chat domestique en liberté "tue entre 5 et 10 oiseaux par an". Rapporté aux 13 millions de chats possédés par les Français, les dégâts sur les pies, mésanges ou autres moineaux seraient de 75 millions par an en France selon la LPO. "Le chat est un facteur de raréfaction sur lequel on peut assez facilement agir. Ce n’est en aucun cas le premier responsable", précise Kim Dallet, chargée de la communication de l’association de défense des oiseaux.  

Le chat, un prédateur considéré comme une espèce invasive

L'arrivée de chats dans des endroits où il n'y en avait pas avant provoque des dégâts considérables sur la biodiversité. En Australie, où le chat a été introduit par les colons à la fin du 18e siècle, le gouvernement veut éliminer d’ici 2020 2 millions de chats errants qui menacent 11 espèces endémiques du pays . En France, les associations de protection des animaux comme la SPA et 30 Millions d’amis préconisent la stérilisation des chats, rappelant lors de diverses campagnes qu’"un couple de chats errants non-stérilisés peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en quatre ans". Pour les chats domestiques, la LPO a conduit une étude pour étudier les comportements des chats domestiques dans les jardins. Elle a ensuite publié un petit guide pour proposer des solutions simples pour limiter leur prédation. Il propose notamment de protéger les mangeoires pour oiseaux avec des barrières ou avec des plantes répulsives. Il préconise aussi l’achat un collier de sécurité à clochettes ou une collerette colorée.

Les populations d’oiseaux s'effondrent dans les campagnes

Si le chat est un facteur parmi de nombreux autres du déclin des oiseaux, pour les scientifiques il ne fait aucun doute que leur disparition est plus importante depuis une vingtaine d'années dans les zones d’agriculture intensive. "Les populations d’oiseaux s’effondrent dans les plaines céréalières", s’alarme Frédéric Jiguet, ornithologue et professeur au Muséum national d’histoire naturelle. Selon les dernières données du Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc), un programme de recensement des oiseaux sur tout le territoire français, les espèces communes des milieux agricoles ont perdu 33% de leurs effectifs depuis 2001. Pour les alouettes des champs et le moineau friquet, ce chiffre dépasse même les 50%. Selon le chercheur, les causes sont principalement "l’arrêt des jachères et l’utilisation massive des néonicotinoïdes depuis vingt ans, ces pesticides qui ont fait chuter les populations d’insectes". Deux pratiques qui privent les oiseaux de leur nourriture. Le syndrome du pare-brise propre, pour parler des voitures autrefois jonchées d'insectes qu'il fallait nettoyer après chaque long trajet, est pour l’ornithologue le plus inquiétant : "Tous les oiseaux, sauf le pigeon et la tourterelle, nourrissent leurs poussins avec des insectes, même s’ils mangent des graines une fois adulte."

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