La pollution aux particules fines peut tuer, même à court terme

(Episode de pollution au dessus de Lyon. © Maxppp)

La pollution atmosphérique aux particules fines peut s'avérer mortelle, même à court terme. C'est la conclusion d'une étude de l'Institut de veille sanitaire, publiée ce mardi dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire. Elle porte sur 17 villes et montre que la mortalité augmente de 0,5%, même lors de relativement faibles expositions.

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L'information ne va pas rassurer les habitants de Chamonix. Depuis six jours maintenant, la vallée de l'Avre, qui conduit au tunnel du Mont-Blanc, vit sous un voile de particules fines. Le taux de PM10 a atteint 75 microgrammes dimanche et se situe autour de 50 en ce début de semaine. Même type de constatation à Paris, avec des taux plus faibles, où le stationnement résidentiel est gratuit.

Mortalité à court terme

Ce sont justement ces particules auxquelles s'est intéressé l'Institut de veille sanitaire dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié ce mardi. Une étude montre qu'une exposition, même d'intensité relativement faible, à cette pollution provoque un surcroit de mortalité, y compris à court terme.

Cette étude, qui n'est pas la première du genre, est une des plus larges réalisées en France : elle porte sur 17 villes. Neuf d'entre elles ont déjà été scrutées en 2012 : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille, Toulouse, Strasbourg, Rouen, Le Havre. Cette fois, l'InVS s'est aussi penchée sur les statistiques de Nice, Grenoble, Nancy, Dijon, Nantes, Rennes, Montpellier et Lens-Douai.

Marseille, ville la plus polluée

Il en ressort que Marseille est la ville la plus polluée, suivie de Lille, Lyon, Nice, Grenoble et Lens-Douai. Paris ne se situe qu'en septième position, malgré ce que laissait entendre un autre étude spectaculaire sur la pollution le 13 décembre 2013 dans les rues de la capitale. La palme de l'air le plus sain revient à Dijon, seule à respecter le seuil de pollution défini par l'OMS.

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Ces expositions augmentent la mortalité de 0,5%. Elles provoquent 250 décès et un millier d'hospitalisations chaque année. Les particules viennent aggraver les fragilités préexistantes des victimes, qui meurent d'accidents vasculaires cérébraux, de crises cardiaques, d'embolies pulmonaires, d'angines de poitrine ou de ruptures d'anévrisme. Les risques sont plus significatifs l'hiver et concernent plus particulièrement les personnes de 75 ans et plus. Sont accusés, une fois de plus, le trafic routier et les véhicules diesel, les industries et les systèmes de chauffage.

Pour Francelyne Marano, professeur à l'Université Paris Diderot et membre du Haut Conseil de santé publique, il faut sensibiliser la population au quotidien, pas seulement en période de crise. "Il faudrait que cette information soit associée de façon régulière aux bulletins météo, qu'on ne se contente pas d'indiquer qu'il y a des problèmes quand il y a des pics. Il faudrait que tous les jours on ait conscience qu'il ya un problème de santé si on ne respecte pas par exemple le fait de ne pas rouler avec des véhicules qui émettent trop de particules ou de ne pas utiliser systématiquement des foyers ouverts pour brûler du bois".

 

Francelyne Marano, membre du Haut Conseil de santé publique
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(© ide)
 

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