"Cela va avoir un effet dévastateur" : des Britanniques redoutent le feu vert à la reprise de l'exploitation de gaz de schiste

Une manifestation contre l\'usine à Preston New Road, près de Blackpool en Angleterre, le 21 mars 2018. 
Une manifestation contre l'usine à Preston New Road, près de Blackpool en Angleterre, le 21 mars 2018.  (PAUL ELLIS / AFP)

Sept ans après la première expérience de fracturation hydraulique qui avait provoqué des séismes, Londres, soucieux de réduire la dépendance du Royaume-Uni en matière d'importations de gaz, a modifié la réglementation et va autoriser l'entreprise à reprendre ses activités.

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Après un moratoire de sept ans, le Royaume-Uni s’apprête à donner son feu vert à ce qui pourrait devenir la plus grosse exploitation de gaz de schiste en Europe occidentale. La Haute Cour de justice doit dire jeudi 11 octobre si elle autorise la fracturation hydraulique sur le site de Preston New Road, dans le nord de l’Angleterre, près de Blackpool.

Le site est déjà prêt 

Après plusieurs années de contestation, les habitants maintiennent la pression, ils ont encore manifesté mercredi devant l’entrée du site. Mais tout est déjà prêt pour l'usine. Au-dessus du puits, une gigantesque tour en métal s’élève au milieu des champs, des vaches et des bois. Un cauchemar pour John Hobson, il habite à quelques centaines de mètres. "Quand je regarde le paysage ici et que je vois ça..." se désole-t-il.

Tous les problèmes que cette industrie entraînera avec des émissions, des poids-lourds partout, je ne peux pas croire ce qui se passe. Cela va avoir un effet dévastateurJohn Hobsonà franceinfo

La plus grande crainte, c’est la pollution des nappes phréatiques. Même si les responsables de la société d’extraction affirment qu’il n’y a aucun danger. Les derniers essais, il y a sept ans, ont provoqué des mini tremblements de terre, explique Barbara Richardson, présidente de l’association locale. "Ce site est tellement grand qu’il pourrait y avoir 40 à 60 forages qui descendraient tous à deux kilomètres sous terre avec des tuyaux sous les champs, sous les maisons", affirme-t-elle. "Dans chaque puits, on va envoyer entre 20 et 30 millions de litres d’eau et il faudra transporter ailleurs l’eau souillée pour la traiter. Alors il suffit que ça déborde ou qu’il y ait une fuite... Ça m’inquiète !"

L'entreprise défend son projet 

Les défenseurs du projet avancent des chiffres hypothétiques pour tenter de convaincre. Selon eux, le gaz dans le sous-sol pourrait couvrir la consommation du pays pendant un siècle et son exploitation pourrait également générer 64 000 emplois. Des chiffres, qui restent pour l'instant, invérifiables. 

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