Décharges sauvages dans le Var : "Il y aura d'autres drames", alerte une députée LREM

Vue aérienne d\'une décharge illégale de déchets près de Martigues dans le sud de la France.
Vue aérienne d'une décharge illégale de déchets près de Martigues dans le sud de la France. (GERARD JULIEN / AFP)

Valérie Gomez-Bassac, députée LREM du Var, qui travaille depuis des années sur le problème des décharges illégales particulièrement important dans son département, redoute d'autres drames après la mort du maire de Signes.

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"On peut clairement parler d'un business parallèle" à propos des dépôts illégaux de déchets dans le Var, a assuré jeudi 8 août sur franceinfo Valérie Gomez-Bassac, député La République en marche (LREM) du Var. L'élue de la majorité travaille depuis plusieurs années sur le sujet et dénonce "un certain filon autour des déchets". Alors que le maire de Signes est mort en voulant empêcher un dépôt illégal de gravats, "on sent une pression autour de l'organisation du traitement de ces déchets", prévient-elle.

franceinfo : Pourquoi la question des décharges sauvages dérange-t-elle autant dans le Var ?

Valérie Gomez-Bassac : Il y a différents acteurs économiques qui ont pignon sur rue et qui travaillent tant en matière de traitement que de transport des déchets. Il y a tout un contexte économique autour de cela. Certains élus n'aiment pas en parler. Il y a quand même des pratiques vertueuses : certaines personnes travaillent bien. La Fédération du bâtiment, par exemple, essaie de tout faire pour qu'il y ait une traçabilité des déchets. À côté de ça, des acteurs profitent du système et vivent dessus. Il y a donc un certain filon autour des déchets. Cela fait deux ans que j'en parle et je reçois des mails menaçants : "Faites attention à vous. Vous savez qu'on n'aime pas trop que vous parliez des déchets dans le Var", par exemple. On sent une pression autour de l'organisation du traitement de ces déchets.

Soyons clairs. Quand une décharge illégale existe depuis plus de trente ans avec 1 million de tonnes de déchets au prix de 70 euros la tonne, on peut clairement parler d'un business parallèle.Valérie Gomez-Bassacà franceinfo

Vous êtes une élue de la République et pourtant on ressent votre impuissance. Comment l'expliquer ?

Oui, je suis impuissante. Parmi les élus varois, vous entendez d'ailleurs très peu de personnes parler des déchets alors que ce cas n'est pas une incivilité classique. Elle va se reproduire, il risque d'y avoir d'autres drames et personne ne parle de cela. Ce n'est peut-être pas le moment, mais j'en parlerai jusqu'à la fin de mon mandat. Il faut vraiment le faire parce qu'on n'a plus le temps. Il y aura d'autres drames, aussi parce que les riverains n'en peuvent plus de voir tous ces camions, cette pollution de la nature. C'est vraiment dramatique.

Je compte sur ma majorité : j'ai eu Brune Poirson, [la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire,] au téléphone hier. Elle m'a assurée de tout son soutien. Elle prend déjà des dispositions qui vont dans le bon sens avec la loi anti-gaspillage, qui comporte par exemple le suivi des déchets de chantier. Cependant, il faut aller loin et plus vite. Je compte donc sur ma majorité pour essayer d'avancer encore plus rapidement. Heureusement, la mobilisation des riverains existe au niveau du Castellet. Je suis seule au niveau des institutionnels et politiques, mais je ne suis pas seule au niveau des citoyens et des acteurs économiques.

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