Sécheresse : la France en proie à une vague de chaleur qui inquiète les agriculteurs

Un agriculteur dans un champ de blé, à Bugnicourt (Nord), lundi 9 mai 2022. 
Un agriculteur dans un champ de blé, à Bugnicourt (Nord), lundi 9 mai 2022.  (MAXPPP)

Après un hiver particulièrement doux sur l'Hexagone, 15 départements sont soumis à des restrictions d'eau, alors que la sécheresse menace des cultures, notamment les céréales.

Après un hiver particulièrement sec, une vague de chaleur printanière. Selon Météo France, les températures flirteront par endroit avec les 30 °C dans l'Hexagone cet après-midi, avec notamment 29 °C à Bordeaux, 28 °C à Lyon et Tours, 27 °C à Paris et Limoges et 25 °C à Rennes et Strasbourg. Un soleil éclatant qui inquiète les agriculteurs français, dont les cultures sont exposées à une sécheresse qui persiste dans certaines régions. Ce direct est désormais terminé.

La sécheresse va nuire à la production céréalière. Le blé, en pleine croissance, manque d'eau et la chaleur promet de durer : la sécheresse qui frappe l'ensemble de la France aura "un impact sur la production de céréales", a ainsi prévenu le ministère de l'Agriculture lundi. "Les cultures d'hiver, comme le blé ou l'orge, qui sont aujourd'hui en phase de développement, commencent à connaître des situations qui vont affecter les rendements." L'absence de pluie, si elle perdure, affectera aussi les cultures de printemps, comme le tournesol, la betterave et le maïs, d'après le ministère, qui évoque aussi la situation délicate des fourrages.

  Un déficit d'eau préoccupant. Entre septembre et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19%, et le déficit de recharge des nappes phréatiques est de 20%, essentiellement dans le Grand-Est, dans le nord de la Nouvelle Aquitaine et l'ensemble du Sud-Est, a rapporté le ministère de la Transition écologique. Ainsi, le guichet ouvert en avril pour aider les agriculteurs à faire face au changement climatique et initialement doté de 20 millions d'euros va être abondé "de 20 millions supplémentaires", ont annoncé les ministères à l'issue de la réunion de lundi.

Quinze départements en vigilance. Actuellement, 15 départements sont déjà soumis à des restrictions qui vont de l'incitation à des économies d'eau à l'interdiction d'arrosage des jardins ou des champs à certaines heures, pouvant aller jusqu'à la réduction de 50% des prélèvements d'eau à des fins agricoles ou à l'interdiction totale de prélèvements d'eau pour laver sa voiture ou arroser les espaces verts. En France, 5% des surfaces agricoles sont irriguées, soit près de 1,4 million d'hectares. Le taux monte à 14% en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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