"Dommage que les Etats ambitieux ne soient pas restés jusqu'à la fin" : la COP24 joue les prolongations pour un accord

Des participants à la COP24, le 4 décembre 2018. 
Des participants à la COP24, le 4 décembre 2018.  (JANEK SKARZYNSKI / AFP)

Les négociateurs de la COP24 entament la dernière ligne droite de la conférence climat, toujours à la recherche d'un accord pour mettre en application l'accord de Paris signé en 2015. 

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La COP24 joue les prolongations. Les négociateurs, après une nouvelle nuit de discussions, semblaient s'approcher samedi 15 décembre d'un accord sur un manuel d’application de l’accord de Paris. L'issue de cette conférence climat restera surtout marquée par l'absence d'ambition politique malgré un état des lieux inquiétant. 

Des chiffres alarmants 

Les chiffres sont là : les émissions de CO2 augmentent encore en 2018 de près de 4%. Il y a bien sûr près de 80 pays qui ont promis de relever leurs ambitions mais ce sera pour 2050. Pour l'heure, les chefs d’État et de gouvernement ont bien conscience que la transition écologique peut être une opportunité pour certains mais cela représente aussi des taxes et des pertes d’emplois pour d’autres. Fanny Petitbon, experte climat de l’ONG Care international, regrette qu’aucun pays n’ait pris cet enjeu à bras le corps : "Au sein de l'Union européenne, la Pologne fait partie de ceux qui bloquent. C'est donc dommage que les États comme la France, qui se veulent plus ambitieux, ne soient pas restés jusqu'à la fin de la COP".  

La présidence polonaise s'est vraiment concentrée sur le manuel d'application de l'accord de Paris, c'était son objectif. Elle a complètement mis de côté la partie ambition.Fanny Petitbonà franceinfo

La délégation des diplomates français est restée jusqu’au bout des débats mais, pour la première fois depuis la COP21, la France fait le service minimum : le président français n’est pas venu et le Premier ministre a annulé à cause du mouvement des "gilets jaunes". Depuis mercredi, il n’y a plus de ministre français en Pologne déplore Yannick Jadot, député vert européen. "La France a donné l'image d'une absence quasi-systématique. La France est garante de l'accord de Paris, c'est une responsabilité majeure. Dans les débats au sein de l'Union européenne, la France s'est cachée derrière l'apathie allemande en matière d'ambition climatique. C'est une France qui ne joue pas son rôle", dénonce-t-il. 

Le ministre français de l'Environnement absent 

Si la France ne négocie pas en son nom mais au sein de l’Union européenne, le ministre de l'Environnement François de Rugy a tweeté, depuis Paris, qu’il fallait relever l’ambition. De leurs côtés, plusieurs de ses homologues Espagnols, Luxembourgeois et Suédois sont restés jusqu’au bout pour débattre. Selon le ministère de l'Environnement, la France prolongera son ambition climatique dans d’autres rendez-vous internationaux en 2019.

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