COP24 : "Ce qui a été obtenu en Pologne, c'est vraiment le strict minimum", regrette Matthieu Orphelin

Matthieu Orphelin, député La république en marche, à l\'Assemblée nationale le 21 novembre 2018.
Matthieu Orphelin, député La république en marche, à l'Assemblée nationale le 21 novembre 2018. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le député La République en marche se désole de ne plus ressentir "l'urgence climatique" dans les négociations internationales sur le climat.

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Les 200 pays réunis à la COP24 de Katowice en Pologne ont adopté les règles d'application de l'accord de Paris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Matthieu Orphelin, député La République en marche (LREM) du Maine-et-Loire, estime, dimanche 16 décembre, qu'il faut en faire beaucoup plus à présent face à "l'urgence" climatique.

franceinfo : Peut-on se satisfaire de l'accord trouvé samedi par les participants de ce sommet ?

Matthieu Orphelin : Ce qui a été obtenu en Pologne, c'est vraiment le strict minimum, c'est-à-dire un consensus sur les règles de mise en œuvre de l'accord de Paris qui va s'appliquer dès 2020. Mais c'est vrai que ce n'est pas suffisant et l'écart se creuse entre les émissions de gaz à effet de serre mondiales et ce qu'il faudrait émettre pour rester à 1,5 ou 2 degrés de réchauffement. Cette urgence écologique, cette urgence climatique, on ne la ressent plus du tout aujourd'hui dans les négociations internationales sur le climat.

N'y a-t-il pas une forme d'inconscience politique face au réchauffement climatique ?

Il y a une sorte d'inconscience politique, mais il ne faut pas noircir complètement le tableau, il y a une dizaine de pays dont la France qui se sont engagés dans une coalition pour une haute ambition [High Ambition Coalition]. Mais je crois que, maintenant, il faut que le mouvement soit beaucoup plus fort, beaucoup plus rapide, beaucoup plus global. Il faut que la politique climatique reprenne du dynamisme dans les prochains mois, parce qu'il y a une urgence absolue à faire qu'on divise par deux nos émissions d'ici 2030 au niveau mondial. Il faut donc retrouver un fort leadership politique mondial sur ces affaires de lutte pour le climat.

Pour maintenir un réchauffement climatique sous 1,5°C d'ici la fin du siècle, il faudrait réduire nos émissions de moitié. Faut-il continuer à se fixer des objectifs chiffrés ?

Je crois que c'est important de continuer à se fixer des objectifs comme ceux-là car ils nous sont donnés par la science. Effectivement, si vous voulez vraiment limiter le réchauffement climatique, c'est cette division par deux des émissions d'ici 2030 qu'il faut faire. Mais à côté de ça, ce qui est le plus important aujourd'hui, c'est la réalité de l'action politique au niveau national, au niveau européen. On n'est pas du tout au bon rythme. Il y a un écart qui se creuse. Et c'est là où chaque gouvernement a la responsabilité de dire comment il va faire, puisqu'il faut faire deux à trois fois plus d'efforts que ce qu'on fait aujourd'hui. La France n'a pas à rougir mais, comme les autres pays, elle n'est pas du tout au bon rythme et donc il faut vraiment un changement de rythme majeur.

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