Chauffer l'Europe avec l'énergie du Sahara ?

Les dunes vierges et brûlantes du Sahara
Les dunes vierges et brûlantes du Sahara (© France)

Un réseau de centrales solaires devrait voir le jour dans le Sahara afin d'alimenter l'Europe en énergie propre

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Un réseau de centrales solaires devrait voir le jour dans le Sahara afin d'alimenter l'Europe en énergie propreUn réseau de centrales solaires devrait voir le jour dans le Sahara afin d'alimenter l'Europe en énergie propre

Ce projet pharaonique de 400 milliards d'euros donnera naissance à un réseau de centrales thermosolaires qui convertiront l'énergie solaire en électricité.

Les premières livraisons devraient voir le jour d'ici dix ans et couvrir rapidement 15% des besoins énergétiques européens.

Ce projet, baptisé " Desertec ", du nom de la fondation porteuse de ce projet, a débuté lundi 13 juillet et rassemble quelques géants de l'énergie. Douze entreprises en majorité allemandes: EON (producteur d'énergie), RWE (producteur d'électricité), le réassureur Munich Re, la banque Deutsche Bank mais aussi des fabricants de solaire comme l'espagnol Abengoa Solar et l'algérien Cevital.

Le principe


Un réseau de centrales thermiques solaires disséminées du Maroc jusqu'à l'Arabie Saoudite et qui serait relié à l'Europe via des câbles électriques sous-marins.

"Aujourd'hui, nous avons fait un pas en avant" vers sa réalisation, s'est réjoui Nikolaus von Bomhard, patron de Munich Re, lors d'une conférence de presse.

Cependant de nombreuses questions ne sont pas résolues. Les lieux d'implantation de ces installations sont délicats à trouver. Pour Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re, il est judicieux de s'installer en Afrique car "les sites de production sont plus ensoleillés" que dans le sud de l'Europe. Il a également rejeté les risques terroristes, faisant valoir au contraire que l'apport de Desertec au développement économique de ces régions pouvaient contribuer à leur stabilité politique.

Leur date de mise en service, le coût du courant produit, le bénéfice qu'en tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices et le financement de ce projet, dont le coût est estimé à 400 milliards d'euros, sont autant de points d'interrogations.

Eco-colonialisme?

Si ce projet pharaonique devait voir le jour, ce ne sera pas demain. Ces plans sont en effet conçus à l'échelle de 2050 (même si des installations devraient être construites avant), la question de son financement n'est pas réglée et il aura besoin du soutien des politiques.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont déjà salué l'initiative, mais Desertec n'échappe pas aux critiques.

Pour le député social-démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d'aller en Afrique pour fournir de l'énergie propre à l'Europe. "Nous pourrions investir les 400 milliards d'euros ici", explique-t-il, défendant l'idée d'un réseau décentralisé d'opérateurs dans les énergies vertes, plutôt que de le laisser aux mains d'un monopole de grandes entreprises.

D'autres doutent des chances de développement pour les pays producteurs et pensent que l'intérêt défendu est avant tout celui de l'Europe. Ce que le quotidien Handesblatt résume en un mot: "éco-colonialisme".

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