Chantal Jouanno favorable à une enquête à EDF

Chantal Jouanno
Chantal Jouanno (© AFP - Patrick Kovarik)

Chantal Jouanno est "favorable" à une enquête au sein d'EDF sur les déchets nucléaires français exportés en Sibérie

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Chantal Jouanno est "favorable" à une enquête au sein d'EDF sur les déchets nucléaires français exportés en SibérieChantal Jouanno est "favorable" à une enquête au sein d'EDF sur les déchets nucléaires français exportés en Sibérie

Selon ses services mardi, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie "attend des informations et ne veut pas prendre de décision hâtive".

Un documentaire diffusé mardi soir sur Arte et dont Libération a parlé lundi, montre les combustibles nucléaires français usés stockés à l'air libre sans retraitement sur une voie de chemin de fer en Sibérie.

"A partir du moment où il y a doute, il est normal que l'opinion puisse être informée", ont ajouté les service de Mme Jouanno, en rappelant cependant que la question du nucléaire relève du ministre Jean-Louis Borloo.

Lundi, le groupe Electricité de France a affirmé qu'il ne transportait "aucun déchet nucléaire en Russie": "Les déchets radioactifs issus du traitement des combustibles restent en France" où ils sont conditionnés et entreposés "en toute sûreté" sur le site de La Hague, a-t-il assuré.

Le réseau associatif Sortir du Nucléaire a accusé Chantal Jouanno de vouloir "gagner du temps pour que l'affaire disparaisse de l'actualité" et a demandé "le retour en France des déchets radioactifs français abandonnés par EDF en Russie". Selon Libération, près de 13% des matières radioactives actuellement produites en France sont stockées dans le complexe atomique de Tomsk-7, en Sibérie.

Un documentaire à charge


Pour Laure Noualhat (journaliste à Libération) en revanche, "on nous dit que 96% des matières nucléaires sont valorisables, recyclables, réutilisables, peu importe l'adjectif. Nous avons déconstruit ce chiffre: ce n'est pas vrai".

Filmé essentiellement en Russie, aux Etats-Unis et en France, Déchets: le cauchemar du nucléaire, réalisé par Eric Guéret et écrit en collaboration avec Michèle Rivasi, fondatrice en 1986 de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), se penche de manière détaillée sur le retraitement des combustibles nucléaires usés, spécialité française.

"On a fait beaucoup de recherches d'archives et on a retrouvé systématiquement le même discours depuis le début: 'Les déchets, ce n'est pas un problème'", explique le réalisateur Eric Guéret, qui rappelle le combat des associations environnementales contre la "dilution" des déchets dans la nature, principalement dans les océans.

S'appuyant sur des images d'archives, le film rappelle qu'à partir de 1946, des fûts radioactifs furent rejetés en mer - des milliers de tonnes seront envoyées au fond des océans - pratique qui sera interdite par une convention internationale en 1993 seulement.

Mettant en avant la durée de vie extrêmement longue de certains déchets, le documentaire s'achève sur une interrogation: "200.000 ans, ce sont plus de 6.000 générations qu'il faut mettre à l'abri de nos activités actuelles. Les ingénieurs ont l'air sûrs d'eux, mais leur responsabilité est énorme. Pouvons-nous leur faire confiance ?"

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