"Ce qui n'est pas recyclable ne doit plus être fabriqué" : seulement 26% des emballages plastiques sont recyclés, selon 60 Millions de consommateurs

Une photo de bouteilles en plastique provenant d\'une usine de traitement des ordures ménagères, le 1er septembre 2006, à La Loyère (Saône-et-Loire).
Une photo de bouteilles en plastique provenant d'une usine de traitement des ordures ménagères, le 1er septembre 2006, à La Loyère (Saône-et-Loire). (JEFF PACHOUD / AFP)

Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-série de "60 Millions de consommateurs", est revenue jeudi pour franceinfo sur les révélations faites par son magazine concernant le recyclage des emballages plastiques en France.

Seuls 26% des emballages en plastique sont recyclés. Des objets en plastique, comme des jouets, sont impropres au recyclage, selon une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs, alors que la France vise 100% de plastique recyclé en 2025. "Le problème, c'est la quantité et la variété des plastiques. Il y a des centaines de plastiques différents", a expliqué Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-série de 60 Millions de Consommateurs, jeudi 8 mars sur franceinfo.

franceinfo : Qu'est-ce qui explique ce pourcentage aussi faible de recyclage ?

Adeline Trégouët : Le problème, c'est la quantité et la variété des plastiques. Il y a des centaines de plastiques différents. Du coup le tri et la fabrication de matières premières plastiques recyclées sont beaucoup plus complexes que le recyclage du papier ou du métal. Il n'y a pas d'automatisation ou de robots qui peuvent trier des objets aussi complexes. On ne peut pas les trier un par un, car il faudrait multiplier les filières de tri. C'est trop coûteux et impossible techniquement aujourd'hui.

Tout n'est pas recyclé car tous les emballages de plastique ne terminent pas non plus dans une poubelle de recyclage.

Effectivement, c'est pour cela que le gouvernement a enclenché un processus de tri simplifié pour tous les citoyens à partir de 2022. Mais ce tri simplifié vous dira seulement de mettre tous les plastiques dans une seule poubelle. Il vise à éviter que les consommateurs jettent des plastiques recyclables dans la poubelle noire, mais pour autant sur la plupart des objets en plastique il restera encore une minorité de déchets recyclables. D'où l'importance pour le consommateur d'acheter les produits en plastiques recyclables plutôt que d'autres destinés à finir sous terre ou à être incinérés.

On reconnaît ces emballages grâce au logo Triman, un petit bonhomme avec trois flèches noires. Il ne faut pas le confondre avec le Point Vert qui est une flèche circulaire, qui veut simplement dire que le fabricant paye une sorte de redevance pour promouvoir le recyclage, mais cela ne veut pas dire que le produit est recyclable.

L'objectif du gouvernement de recycler 100% des plastiques d'ici 2025 est-il tenable ?

Cela paraît extrêmement difficile, à moins de prendre des mesures drastiques. Par exemple, ce qui n'est pas recyclable ne doit plus être fabriqué. On attend de voir la feuille de route, mais pour l'instant seule une minorité de produits sont éco-conçus. Quand un fabricant met une nouveauté sur le marché, il ne se préoccupe pas de savoir si derrière il y a une filière qui peut gérer le recyclage de ses emballages et de ses produits. Idéalement, il faut une éco-conception dès le départ. Et même lorsque le produit est recyclé, c'est-à-dire transformé en matière première, celle-ci ne va pas forcément être utilisée pour fabriquer de nouveaux objets.

Sur la totalité des produits en plastique mis sur le marché en France, il n'y a que 6% de matières premières recyclées incorporées dans ces produits, car cela coûte moins cher de produire à partir de matières premières vierges qu'à partir de matières premières recyclées.