VIDEO. Crise climatique : on vous explique ce que sont les "limites planétaires", que la France dépasse

Fin octobre, le ministère de l'Ecologie a publié une analyse de l'impact de la France sur le réchauffement climatique mondial, fondée sur le concept des "limites planétaires". Une grille de lecture inédite pour l'exécutif. 

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"Face aux enjeux écologiques planétaires, dresser un état des lieux de l'environnement en France en 2019 ne peut se limiter au seul territoire national." C'est ce que défend le rapport sur l'état de l'environnement publié le 24 octobre par le ministère de la Transition écologique, qui y analyse "l'impact global de la France sur les ressources" mondiales, à travers des "limites planétaires". Ce terme, utilisé pour la première fois par l'exécutif, permet d'évaluer la contribution de la France au réchauffement climatique mondial et aux diverses atteintes à la biodiversité. C'est "indispensable pour conduire une transition écologique utile à la planète", a défendu la ministre Elisabeth Borne. A l'occasion de la COP 25, qui a démarré lundi 2 décembre à Madrid (Espagne) et qui se termine vendredi, franceinfo revient sur cette nouvelle grille de lecture.

Emissions, extinctions, acidification…

"Il s'agit de limites physiques, que l'humanité doit s’astreindre à respecter, si elle ne veut pas compromettre les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer", détaille le rapport du ministère. Au nombre de neuf, elles concernent les processus suivants : le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l'azote et du phosphore, les changements d'utilisation des sols, l'acidification des océans, l'utilisation de l'eau, l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique, l'augmentation des aérosols dans l'atmosphère et enfin l'introduction d'entités nouvelles dans la biosphère. Elles ont été définies par une vingtaine de scientifiques en 2009, dans un article publié par la revue Nature (en anglais).

Plus tard, elles ont été reprises par l'ONU, l'Agence européenne pour l'environnement et la Commission européenne, comme le souligne la Fondation Nicolas Hulot. "Aidez-nous à défendre la science qui montre que nous déstabilisons notre climat et dépassons les limites planétaires à un degré périlleux", avait déclaré le secrétaire général des Nations unies de l'époque, Ban Ki-moon, en 2011.

La France, mauvaise élève

A l'échelle mondiale, les quatre premières limites sont dépassées. Le taux d'extinction d'espèces est plus de 10 fois supérieur au seuil fixé par les scientifiques, et les surfaces forestières sont "insuffisantes pour la régulation du climat". Quand on regarde plus en détail les responsables de ce "franchissement [qui] serait susceptible de faire basculer le système terrestre vers un autre état aux conditions défavorables pour l'humanité", souligne le rapport du ministère, la France fait office de mauvais élève.

Si le monde entier vivait comme les Français, il aurait consommé l’équivalent des capacités de régénération des ressources biologiques de 2,9 Terre.

ministère de la Transition écologique

dans son rapport 2019 sur l'état de l'environnement

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