Loup en Seine-Maritime : "Ce n'est pas en réduisant drastiquement la population de loups qu'on va régler le problème", estime un géographe

Un loup gris européen, photographié le 18 juin 2015 dans le parc animalier semi-animalier des Angles, dans le sud-ouest de la France.
Un loup gris européen, photographié le 18 juin 2015 dans le parc animalier semi-animalier des Angles, dans le sud-ouest de la France. (RAYMOND ROIG / AFP)

Pour Farid Benhammou, géographe, la présence d'un loup n'est pas surprenante. Sur franceinfo, le chercheur pointe du doigt "la politique actuelle de la France qui vise parfois à essayer de limiter la prédation" car "si ponctuellement éliminer un loup qui pose problème peut s'envisager", il estime que ce n'est pas une solution.

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L'Office français de la Biodiversité a confirmé la présence d'un loup en Seine-Maritime mardi 21 juillet. Cette présence ne surprend pas Farid Benhammou, géographe et chercheur associé au laboratoire Ruralités à l'université de Poitiers.

Invité de franceinfo ce mercredi, il a expliqué que "tout le territoire français peut potentiellement être colonisé ou impacté par une présence du loup". "Ce n'est pas en réduisant drastiquement la population de loups comme on est en train d'essayer de le faire actuellement, qu'on va régler le problème", a-t-il réagi. Farid Benhammou a pointé du doigt "la politique actuelle de la France qui vise parfois à essayer de limiter la prédation", et a assuré que la présence du loup "ne représente pas de danger particulier" pour les êtres humains.

franceinfo : Comment pouvez-vous expliquer la présence d'un loup dans cette zone ?

Farid Benhammou : À l'heure actuelle, les loups qui sont venus naturellement d'Italie dans les années 1990 et qui se sont principalement installés dans les Alpes, fonctionnent en meute. Quand il y a trop de jeunes dans un groupe, ils sont amenés à partir. Un jeune loup qui part coloniser peut faire plusieurs dizaines, centaines de kilomètres, on a un record à plus de 2 200 kilomètres parcourus en Europe. Un loup peut facilement faire 80 kilomètres en 24 heures, c'est un animal extrêmement endurant. À l'heure actuelle, tout le territoire français peut potentiellement être colonisé ou impacté par une présence du loup.

Sa présence en Seine-Maritime représente-t-elle un danger pour l'homme et pour les habitants des zones urbaines ?

Ça représente un danger pour l'élevage, pour les animaux domestiques, notamment les ovins, les caprins. En revanche, pour les êtres humains il n'y a pas de danger particulier. Le loup est un animal sauvage craintif qui peut être curieux mais qui ne représente pas de danger particulier. Si l'homme est armé, l'animal risque de fuir, car c'est un animal extrêmement discret.

Que peut-il lui arriver à ce loup seul ?

Ce qui peut lui arriver, c'est de mourir de mort naturelle ou de se faire renverser. Il peut faire une mauvaise rencontre avec un chasseur, on ne peut pas l'exclure. Ce qui peut lui arriver également, c'est de partir ailleurs. En revanche, s'il trouve un congénère du sexe opposé et s'il trouve les conditions alimentaires nécessaires pour s'installer, il va éventuellement se reproduire et s'installer durablement comme on peut le voir dans d'autres départements français. Il vaut mieux lui laisser vivre sa vie. La politique française actuelle vise parfois à essayer de limiter la prédation en tuant les loups, or si ponctuellement éliminer un loup qui pose problème peut s'envisager, ce n'est pas en réduisant drastiquement la population de loups comme on est en train d'essayer de le faire actuellement qu'on va régler le problème.

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