Interdiction de la chasse des oiseaux à la glu : "Les ruraux, on est des gens qui sont persécutés", déplore la Fédération des chasseurs

Le merle fait partie des espèces d\'oiseaux ciblées par la chasse à la glu. Photo d\'illustration.
Le merle fait partie des espèces d'oiseaux ciblées par la chasse à la glu. Photo d'illustration. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

La volonté de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili d'interdire la chasse à la glu est vue comme une persécution par le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen qui défend "une tradition millénaire". 

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"Aujourd'hui, les ruraux, on est des gens qui sont persécutés", a réagi mercredi 29 juillet sur franceinfo Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, alors que la nouvelle ministre de la Transition écologique Barbara Pompili veut faire interdire la chasse à la glu, pratique consistant à piéger des oiseaux avec de la colle.

La France est un des derniers pays européens à autoriser cette pratique, ce qui lui a valu une mise en demeure par la Commission européenne en juillet 2019. Willy Schraen défend une "tradition millénaire" et compte se battre juridiquement pour la préserver. "J'espère que la ministre n'entendra pas les sirènes bruxelloises et restera effectivement cohérente avec ce que représente la France, ses traditions et ses valeurs fortes", a-t-il notamment expliqué.

franceinfo : Pourquoi êtes-vous opposé à l’interdiction de la chasse à la glu ?

Willy Schraen : C'est une capture d'oiseaux qui est très ancienne. Les Grecs en parlaient il y a vingt-cinq siècles de ça. C'est une tradition et ça porte sur très peu d'oiseaux. C'est une trentaine de milliers d'oiseaux sur une population vive qui fait à peu près 700 millions au niveau européen. Donc, on sait que ça n'est pas du tout quelque chose qui met en cause l'avenir de la biodiversité ou de l'avenir de ces espèces.

C'est pratiqué selon une tradition du Sud-Est de la France depuis de nombreux siècles. Ce sont des oiseaux qui sont attrapés, ils ne sont pas tués. Ils servent d'appât pour la chasse de la grive et sont relâchés à la fin de la saison. La vraie question, c'est à quoi sert l’Europe ?

Quel est l'intérêt aujourd'hui à la DG de l'environnement de l'Europe de passer son temps à persécuter quelques Gaulois, peut-être un peu réfractaires, qui restent dans leur coin et pratiquent une chasse millénaire ?Willy Schraenà franceinfo

J'espère que la ministre n'entendra pas les sirènes bruxelloises et restera effectivement cohérente avec ce que représente la France, ses traditions et ses valeurs fortes.

Vous parlez de traditions. Mais tradition n’est pas forcément raison ?

Je suis tout à fait d'accord. La tradition n'est pas de tuer son voisin, c'est d'attraper des oiseaux sur des branches où, il y a des siècles de ça, des gens se sont rendu compte qu'on bouillant un petit peu d'écorce de houx ou bien en écrasant des baies de gui, on pouvait attraper des oiseaux. À une époque où il n'y avait pas d'arme. Qui est-ce que ça dérange?

La Ligue de protection des oiseaux parle de cruauté dans cette pratique. Vous n’en voyez pas ?

Il y a des solvants qui ont été bien étudiés depuis et qui ne sont plus du tout polluants pour l'oiseau.

Quelques oiseaux qui sont décollés des branches, où est le problème ? Je ne pense pas que ce soit barbare.Willy Schraenà franceinfo

Je ne pense pas que ceux qui pratiquent cette chasse à la glu soient des voyous. Je pense que ce sont des gens qui ont des valeurs. Ils sont heureux d'attraper quelques oiseaux. Mais en quoi ça pose problème ?

Que comptez-vous faire ?

Je pense que c'est la goutte d'eau qui va faire déborder le vase. On verra ce que fera madame la ministre. Aujourd'hui, les ruraux, on est des gens qui sont persécutés. On va se défendre juridiquement pour la chasse des gluaux parce que c'est un symbole.

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