Biélorussie : "Il faut s'inquiéter, la situation est complètement hors de contrôle" selon une spécialiste

Une manifestante biélorusse arbore un tatouage \"les fleurs sont mieux que les balles\" pour protester contre les violences du régime, le 12 août 2020.
Une manifestante biélorusse arbore un tatouage "les fleurs sont mieux que les balles" pour protester contre les violences du régime, le 12 août 2020. (SERGEI GAPON / AFP)

Le contrat social qui liait Alexandre Loukachenko et le peuple biélorusse est "rompu", analyse une professeure d'études en études russes, soviétiques et post-soviétiques à l'université Rennes 2.

"Il faut s'inquiéter, la situation est complètement hors de contrôle", s'alarme jeudi 13 août sur franceinfo Cécile Vaissié, professeure en études russes, soviétiques et post-soviétiques à l'université Rennes 2, alors que les manifestations se multiplient en Biélorussie, pour contester la réélection dimanche du président Alexandre Loukachenko. "Monsieur Loukachenko réagit par des violences qui sont absolument insensées", explique-t-elle.

On voit les forces de l'ordre qui attrapent n'importe qui dans la rue, des gens qui sont frappés, détenus. On voit les femmes devant les prisons, comme si on était dans les années 1930, sous Staline, pour avoir des renseignements sur leurs proches arrêtés. Cécile Vaissié, professeure en études russes, soviétiques et post-soviétiquesà franceinfo

Pour la professeure, ces manifestations sont "quelque chose de très étonnant. On avait l'impression d'un contrat social qui fonctionnait à peu près" avec Alexandre Loukachenko, "un accord de la population, des gens qui ne sont pas agressifs, ce n'est pas un tempérament où l'on fait la révolution tous les trois matins".

"Ça va mal se terminer"

L'élément déclencheur, pour Cécile Vaissié, a été la situation économique du pays. "L'économie est une catastrophe, les gens le voient de plus en plus. Les jeunes partent travailler à l'étranger et s'en rendent compte. Il y a un contrat qui s'est rompu, avec aussi la façon dont il a tiré sur son peuple. C'est pour demain ou pour dans quelques mois, mais de toute manière ça va mal se terminer."

Selon elle, alors qu'Emmanuel Macron a exprimé sa "très grande préoccupation" sur la situation, "il faut absolument que l'Union européenne prenne des positions beaucoup plus claires pour des raisons humanitaires et démocratiques. C'est le moment de dire 'on aide les gens'", affirme Cécile Vaissié. "On sait très bien aussi que Monsieur Poutine n'a aucun respect pour Loukachenko, alors que va faire la Russie ?", s'inquiète Cécile Vaissié.

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