Dilma Rousseff est arrivée en tête de la présidentielle au Brésil sans obtenir la majorité absolue

Dilma Roussef (3 octobre 2010)
Dilma Roussef (3 octobre 2010) (AFP / Jefferson Bernardes)

La candidate de Lula, qui était la grande favorite, bénéficie toutefois d'une confortable avance, avec 46,9% des voix.Le social-démocrate José Serra obtient 32,6% des voix selon les résultats officiels quasi-définitifs. La surprise de ce premier tour est le score de l'écologiste Marina Silva, qui recueille 19,35% des voix.

La candidate de Lula, qui était la grande favorite, bénéficie toutefois d'une confortable avance, avec 46,9% des voix.

Le social-démocrate José Serra obtient 32,6% des voix selon les résultats officiels quasi-définitifs. La surprise de ce premier tour est le score de l'écologiste Marina Silva, qui recueille 19,35% des voix.

L'écart confortable entre les deux premiers candidats devrait permettre à Dilma Rousseff de devenir, sans problème, la première femme à diriger le Brésil, un pays de 193 millions d'habitants qui est désormais la huitième économie du monde. Les sondages la donnaient gagnante dès le premier tour.

"Je fais face à ce second tour avec beaucoup de courage et d'énergie car j'aurai l'occasion de mieux détailler mes propositions et mes projets", a déclaré l'ancienne chef de gouvernement d'Inacio Lula da Silva dimanche soir au siège de son comité de campagne à Brasilia.

Lula ne pouvait pas se représenter après deux mandats qui l'ont mené à des sommets de popularité.

Dans la nuit, José Serra a lancé un appel à la mobilisation des électeurs. "J'en appelle aux partis, aux hommes politiques et aux Brésiliens de bonne volonté: nous allons construire un pays meilleur, parce que le Brésil pourrait être bien meilleur qu'il n'est", a-t-il dit.

"Nous avons défendu une idée victorieuse et le Brésil a entendu notre appel", a déclaré Marina Silva au siège du Parti Vert à Sao Paulo. "Ce n'est pas le point final. C'est le début d'un processus qui ouvre une nouvelle politique avec les idées que nous défendons", s'est réjouie l'ancienne ministre de l'Environnement de Lula.

Issue de famille pauvre et habituée des combats difficiles, Marina da Silva, 52 ans, a un long passé de lutte, notamment aux côtés du défenseur et martyr de l'Amazonie Chico Mendes, assassiné en 1988.

La chef de file des Verts n'a encore donné aucune consigne de vote pour le second tour. Mais, quel que soit le candidat qu'elle soutiendra, il devra adopter certaines de ses propositions, a-t-elle laissé entendre.

Quelque 136 millions de Brésiliens étaient appelés aux urnes pour élire non seulement le président mais aussi les gouverneurs et députés des 27 Etats fédérés, renouveler l'Assemblée nationale et les deux tiers du Sénat.

Une ex-guerillera, torturée sous la dictature
Dilma Rousseff, 62 ans, ex-guérillera emprisonnée pendant près de trois ans et torturée sous la dictature (1964-1985), a été choisie par Lula pour lui succéder. C'est la première fois en 20 ans que Lula n'est pas dans la course présidentielle. "Je suis convaincu que la majorité du peuple veut la continuité du gouvernement, parce que ce gouvernement a une approbation de 80% (...). C'est pourquoi je pense que Dilma va gagner", a déclaré Lula vendredi à Sao Bernardo, dans la grande banlieue de Sao Paulo où il votera dimanche.

En dépit d'un scandale de trafic d'influence touchant le gouvernement, la campagne électorale a peu passionné les Brésiliens. Non seulement parce qu'aucun des candidats n'a la forte personnalité de Lula mais aussi parce que tous, à des nuances près, ont promis de poursuivre une politique qui a donné au Brésil une nouvelle prospérité.

29 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté sous Lula
Vingt-neuf millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté et ont intégré la classe moyenne qui représente désormais plus de la moitié des 193 millions d'habitants. Grâce notamment à des programmes sociaux comme la "Bourse famille", versée à plus de onze millions de foyers pauvres.

Néanmoins, de vastes chantiers attendent le nouveau président, et d'abord faire baisser la violence, un dossier pressant en raison du Mondial de football de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016 organisés au Brésil. L'éducation, la santé, les infrastructures vétustes ou saturées, la corruption, les réformes agraire, politique, fiscale et des retraites sont autant de défis à relever. Outre le successeur de Lula , les Brésiliens devront désigner dimanche les gouverneurs et députés des 27 Etats fédérés, renouveler l'Assemblée nationale et les deux-tiers du Sénat.

Le vote est obligatoire de 18 à 70 ans au Brésil .

Les résultats de l'élection

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