Deux mois d'intervention au Mali : quel bilan ?

(Joe Penney Reuters)

11 janvier - 11 mars : cela fait tout juste deux mois que la France est entrée en guerre au Mali. L'intervention a permis de libérer une grande partie du territoire, mais les islamistes sont toujours présents et les combats se poursuivent, notamment dans le massif des Ifoghas dans le Nord. Lundi, le lycée français de Bamako a rouvert ses portes.

"70% du chemin a été fait ", a indiqué vendredi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, après une visite surprise au Mali. Deux mois, jour pour jour, après le début de l'opération française, où en est-on ?

Le bilan sur le terrain 

Le 11 janvier, le président François Hollande engageait la France au Mali, dans l'opération Serval. Les troupes françaises, aux côtés de l'armée malienne, ont ensuite rapidement chassé les groupes islamistes du nord du pays, en reprenant successivement les grandes villes de la région : Gao, Tombouctou et Kidal, même si des poches de résistance demeurent. François Hollande a indiqué la semaine dernière qu'une offensive avait encore été lancée dans la région de Gao, "là où nous pensons qu'il y a un certain nombre de combattants terroristes qui demeurent dangeureux ". 

> À revoir  VIDÉOS | Les reportages de nos envoyés spéciaux au Mali

> À revivre  La visite de François Hollande au Mali le 2 février

Dans les zones libérées, la vie reprend son cours. Les habitants tentent d'effacer les traces de neuf mois d'occupation islamiste. À Gao, les bars rouvrent. À Bamako, signe que la tension diminue, le lycée français a rouvert ses portes lundi matin.

Au bout d'un mois d'intervention, c'est un nouveau front qui s'est ouvert à l'extrême nord du pays, au-delà de Kidal, dans le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne, là où de nombreux groupes islamistes sont retranchés. De l'avis de tous, cette dernière phase de la guerre est la plus difficile, avec des combats "pratiquement face-à-face " avec les islamistes armés, indiquait la semaine dernière le ministre de la Défense.

Dans le massif des Ifoghas, "n ous avons eu des succès qui seront encore démontrés ces jours prochains, y compris avec des chefs terroristes qui ont été anéantis ", a également indiqué le président français la semaine dernière. Les autorités françaises n'ont pour l'instant pas confirmé la mort des chefs islamistes Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeid, annoncées par le Tchad. Des tests sont toujours en cours pour les identifier officiellement.

Quatre soldats français tués 

Du côté du bilan humain, la France a perdu quatre soldats depuis le début de cette opération il y a deux mois. Un pilote d'hélicoptère est mort le premier jour de l'intervention, suivi par un sous-officier le 19 février et un caporal le 2 mars. Un quatrième soldat, brigadier-chef, est mort la semaine dernière. Quatre morts mais des pertes françaises tout de même limitées, d'autant que Paris revendique "plusieurs centaines " de djihadistes tués en deux mois.

"Tout laisse à penser " que les otages français "sont en vie "

En deux mois, la question des otages français au Sahel n'a pas contraint les Français à modifier le déroulement des opérations. L'état-major souligne toutefois que leur sécurité est une préoccupation permanente.

Début février, François Hollande a indiqué que l'armée française était "tout prêt". "Tout laisse à penser qu'ils sont en vie ", a précisé la semaine dernière Jean-Yves Le Drian.

Et maintenant ?

Le retrait français. "La mission n'est pas finie ", a indiqué vendredi le ministre de la Défense Jean-Yve Le Drian. La semaine dernière, François Hollande a précisé que le nombre de soldats français présents au Mali (actuellement 4.000) diminuerait "à partir du mois d'avril, dès lors que les forces africaines seront en relais, appuyées par les Européens ".

La relève. Les forces françaises, qui combattent dans le nord-est du Mali avec environ 800 soldats tchadiens, doivent à terme passer le relais à la mission ouest-africaine (Misma), à laquelle n'appartient pas le Tchad. La Misma pourrait dans quelques mois se transformer en mission des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l'Onu a demandé au secrétaire général Ban Ki-moon de présenter un rapport avant fin mars sur la faisabilité d'une opération de paix dans ce pays.

Le processus politique. En parallèle des opérations militaires, une réflexion est menée sur l'après-guerre. Le pouvoir de transition à Bamako a promis des élections générales d'ici le 31 juillet, mais ce délai semble difficilement tenable vu la situation actuelle du pays. Pour ce faire, la réconciliation entre les diverses communautés, notamment avec les Touareg et les Arabes, est cruciale. Une Commission dialogue et réconciliation a été entérinée mercredi dernier par le gouvernement malien.

Vous êtes à nouveau en ligne