Des affrontements entre manifestants coptes et forces de l'ordre ont éclaté dans le centre du Caire, hier.

Le bilan est au moins de 24 morts et 200 blessés.
Le bilan est au moins de 24 morts et 200 blessés. (AFP)

Ce sont les violences les plus meurtrières depuis la révolte qui a renversé le président Moubarak en février. Vingt-quatre morts et plus de 200 blessés. Ce matin, l'imam d'al-Azhar appelle à un dialogue interreligieux, en urgence.

Ce sont les violences les plus meurtrières depuis la révolte qui a renversé le président Moubarak en février. Vingt-quatre morts et plus de 200 blessés. Ce matin, l'imam d'al-Azhar appelle à un dialogue interreligieux, en urgence.

La manifestation visait à protester contre l'incendie d'une église dans le gouvernorat d'Assouan. La marche, rassemblant des milliers de Coptes (chrétiens d'Egypte), a débuté de manière pacifique, et les causes du drame sont toujours confuses.

La télévision d'Etat a indiqué que les protestataires avaient lancé des pierres sur les forces de l'ordre et, citant des témoins, que les manifestants coptes étaient armés. Les polices anti-émeutes et militaire ont selon elle tiré des coups de feu en l'air et des lacrymogènes pour les disperser. La chaîne publique a cité des soldats blessés assurant ne pas disposer de balles réelles.

Le Premier ministre Essam Charaf a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi que l'Egypte était "en danger". "La nation est en danger suite à ces évènements", a-t-il dit dans une allocution retransmise par la télévision publique. "Ces évènements nous ont ramenés en arrière (...) au lieu d'aller de l'avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines", a-t-il ajouté.

Un dignitaire musulman égyptien a appelé à la tenue de discussions en urgence lundi entre responsables des communautés musulmane et chrétienne, au lendemain de la mort de 24 personnes dans des heurts entre coptes et forces de l'ordre, a rapporté la télévision d'Etat. Ahmed al-Tayyeb, grand imam d'al-Azhar, la plus haute institution de l'islam sunnite, a appelé à des discussions entre les membres de la Famille égyptienne, une organisation réunissant des religieux musulmans et chrétiens, "afin de tenter de contenir la crise", a ajouté la télévision.

Le dignitaire a déjà pris contact avec le patriarche copte Chenouda III, selon la même source.

Des centaines de Coptes avaient déjà manifesté mardi pour protester contre l'incendie et réclamer le limogeage du gouverneur.
Les Coptes, qui représentent de 6 à 10% des Egyptiens, s'estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui du Nouvel an contre une église à Alexandrie (23 morts). Le 7 mai, 15 personnes avaient été tuées et plus de 200 blessées au Caire lorsque des musulmans avaient attaqué deux églises, affirmant qu'une chrétienne convertie à l'islam était détenue dans l'un des lieux de culte.

L'Egypte connaît depuis plusieurs mois une montée des tensions confessionnelles, alimentées notamment par des querelles de voisinage et des différends sur la construction d'églises.

Les premières législatives depuis le départ de Hosni Moubarak doivent se tenir à partir du 28 novembre.