Des affrontements entre chrétiens coptes et musulmans ont fait officiellement dix morts au Caire

Les coptes demandent la reconstruction d\'une église brûlée par des musulmans, le 8 mars 2011 au Caire, en Egypte.
Les coptes demandent la reconstruction d'une église brûlée par des musulmans, le 8 mars 2011 au Caire, en Egypte. (AFP/STR)

Ces heurts mardi soir dans le quartier déshérité à forte population copte de Moqattam (est) ont également fait 110 blessés, a déclaré mercredi le ministère de la Santé, sans toutefois préciser la confession des morts et blessés.

Ces heurts mardi soir dans le quartier déshérité à forte population copte de Moqattam (est) ont également fait 110 blessés, a déclaré mercredi le ministère de la Santé, sans toutefois préciser la confession des morts et blessés.

La situation restait tendue dans ce quartier misérable d'éboueurs, en grande majorité chrétiens, où un prêtre a indiqué à l'AFP avoir dénombré dans le petit hôpital qui jouxte sa paroisse six Coptes tués et au moins 45 autres blessés.

Un prêtre met en cause des "salafistes"
"Tous les morts ont été tués par balles, et les blessés ont aussi été touchés par des tirs", a déclaré le père Samaane Ibrahim. Le religieux a mis en cause des "voyous" et des "salafistes", des islamistes fondamentalistes. Selon lui, des cocktails Molotov ont été lancés contre des habitations, et les attaquants ont incendié des entrepôts et des ateliers de recyclage.

Un autre prêtre, Boutros Rouchdi, a assuré avoir compté sept morts coptes, et un musulman tué alors qu'il tentait de défendre ses voisins chrétiens. Les affrontements ont éclaté après que des habitants de Moqattam soient sortis manifester pour protester contre l'incendie d'une église samedi au sud de la capitale.

Les services de sécurité ont fait état d'affrontements à coups de pierre entre chrétiens et musulmans, et des témoins ont indiqué que l'armée, présente sur les lieux, avait tiré en l'air pour disperser la foule.

Des habitants chrétiens ne cachaient pas leur ressentiment à l'égard de l'armée
Les autorités avaient assuré que les forces armées "faisaient face avec succès aux émeutes" à Moqattam et dans des quartiers voisins. Mais des habitants chrétiens ne cachaient pas leur ressentiment à l'égard de l'armée, en charge du pays depuis le départ de M. Moubarak, contraint de quitter le pouvoir le 11 février après une vague de manifestations contre son régime.

"Nous nous attendions à ce que l'armée nous défende. Mais maintenant nous savons qu'elle est contre nous, comme la police", affirme un menuisier du quartier, Saleh Ibrahim.

Des milliers de Coptes ont également manifesté ces derniers jours devant le bâtiment de la radio-télévision, dans le centre du Caire, pour protester contre des violences contre leur communauté samedi au cours desquelles l'église Al-Chahidaine dans le gouvernorat de Helwan au sud du Caire, a été en grande partie détruite par un incendie.

Les autorités ont promis de faire reconstruire l'église pour tenter de faire baisser la tension. Les Frères musulmans, le plus important mouvement d'opposition en Egypte , ont accusé les anciens partisans de M. Moubarak d'attiser la violence. Ils ont appelé les Egyptiens "à s'épauler pour soutenir les forces armées et le gouvernement afin qu'ils puissent tenir les engagements de la révolution".

Les Coptes, 6 à 10% de la population du pays
Les Coptes représentent de 6 à 10% de la population du pays. Ils disent être victimes de discriminations et dénoncent les violences à caractère confessionnel qui les visent.La communauté copte d'Egypte a été visée dans la nuit du Nouvel an par un attentat devant une église d'Alexandrie (nord), qui a fait 23 morts.

Ces tensions surviennent alors que le pays traverse une période délicate après la chute de M. Moubarak qui avait gouverné le pays d'une main de fer pendant trois décennies.
L'armée assure depuis la direction du pays, tandis que le gouvernement gère les affaires courantes. Les militaires ont promis le remettre le pouvoir à un gouvernement civil démocratiquement élu dans quelques mois.