Décès de l'ancien dictateur argentin Jorge Videla

(Reuters)

Il avait été condamné à perpétuité pour la répression sanglante sous la dictature argentine à la fin des années 1970. Jorge Videla est mort vendredi à l'âge de 87 ans dans sa prison des environs de Buenos Aires.

"Disons que oui, nous avons
tué entre 7.000 et 8.000 personnes et fait disparaître leurs corps".

Pour la première fois, en 2012, Jorge Videla assume, dans un entretien filmé
d'une vingtaine d'heures, l'exécution d'opposants sous la dictature argentine,
à laquelle les organisations des droits de l'Homme imputent quelque 30.000 disparitions
et l'empoisonnement de centaines de milliers de personnes.

Incarcéré dans une prison près de Buenos
Aires, l'ancien général est mort vendredi dans sa cellule de la prison de
Marcos Paz.

Mardi encore, Jorge Videla avait été entendu au procès du Plan Condor, du nom
du réseau de répression créé par les dictatures militaires d'Amérique du sud
dans les années 1970 et 1980 pour se débarrasser de leurs opposants. Comme à
son habitude, il a refusé de reconnaître la justice civile.

L'ancien dictateur argentin
purgeait une peine de prison à vie pour crime contre l'humanité, ajoutée à une
peine de 50 années de réclusion pour le vol de bébés d'opposants.

Jorge Videla a dirigé l'Argentine de 1976 à 1981, lorsque la répression était à
son paroxysme. "Il a passé sa vie à faire le mal [...] Sa mort met fin à sa présence sur physique sur Terre, mais pas à ce qu'il a fait au pays", a déclaré l'artiste argentin Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la paix en 1980.

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