Danemark : la lutte anti-ghettos fait polémique

France 2

Le Danemark, dont le modèle de flexisécurité est souvent salué, rencontre toutefois de grandes difficultés d'emploi et d'intégration dans certains quartiers devenus des ghettos. Ses méthodes pour y remédier sont radicales.

C'est le pays où l'on serait le plus heureux au monde, connu pour sa tolérance et le charme de ses maisons colorées. Mais derrière les allures de carte postale, le Danemark dénombre une cinquantaine de ghettos, comme les appelle le gouvernement. Des quartiers où le chômage est plus élevé, les agressions plus nombreuses, et la population majoritairement issue de l'immigration.

Des peines de prison doublées pour les délits commis dans les ghettos

C'est le cas de Mjølnerparken, dans Copenhague. Dix blocs d'immeubles bordés par deux parcs. Les 2 500 habitants ne sont désormais plus traités comme ceux du quartier d'à côté. Il existe des mesures spectaculaires pour faire baisser la violence et la criminalité dans ces zones : des peines de prison deux fois plus lourdes pour l'auteur d'un crime commis dans le ghetto, par rapport à ce qu'il encourt ailleurs, ou encore des baisses d'allocations pour les parents d'enfants délinquants de ce quartier. Au total, 22 mesures votées, spécifiques, mais les députés n'y voient pas une justice à deux vitesses.

Pour le gouvernement, ces Pakistanais, Irakiens, Turcs et Somaliens vivent dans une société parallèle. Des propos qui choquent Haroon-ur-Rashid, arrivé du Pakistan il y a six ans. Javira, 9 ans, qui affirme porter le voile sans qu'on lui ait demandé, se dit parfaitement intégrée. Mais les députés d'extrême droite, alliés du gouvernement de centre droit, veulent aller encore plus loin et proposent un couvre-feu après 20 heures pour les adolescents de ces quartiers, quels que soient les moyens pour le faire respecter. Parmi les 22 mesures du plan ghettos, certaines sont plus consensuelles, comme la destruction d'immeubles vétustes ou leur rénovation. Le gouvernement promet d'y consacrer 1,6 milliard d'euros en sept ans.

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