Daech revendique les attentats de Beyrouth

(Les habitants du quartier où ont eu lieu les attentats inspectent le scooter à l'origine de la première explosion ©REUTERS/Hasan Shaaban)

Daech a revendiqué sur les réseaux sociaux la responsabilité des deux attentats qui ont fait au moins 41 morts et plus de 200 blessés jeudi dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth.

Les explosions ont retenti presque simultanément jeudi en fin de journée devant un centre communautaire chiite et une boulangerie dans le quartier commercial et résidentiel de Bourj el Barajneh.

 

Selon le groupe Etat Islamique, la première explosion a été provoquée par un deux-roues piégé puis un kamikaze s'est fait exploser au milieu de la foule qui se rassemblait. Le Hezbollah chiite, engagé dans le conflit syrien aux côtés des forces du président Bachar al Assad, a promis après ces attaques de poursuivre la lutte contre les "terroristes". Les quartiers de  Beyrouth-Sud ont été visés par plusieurs attentats revendiqués par des mouvements extrémistes sunnites ces dernières années, notamment en juin 2014, mais ils étaient épargnés par de telles attaques depuis un an.

Un troisième kamikaze n’aurait pas réussi à se faire exploser

Des médecins d'un hôpital voisin, géré par le Hezbollah, se sont précipités sur les lieux des explosions pour venir en aide aux victimes. Selon le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, un troisième kamikaze a été tué par une des deux explosions avant même qu'il puisse déclencher sa charge. Son corps a été retrouvé sur place.

 

Ces attentats à Bourj el Barajneh ont été commis alors que les députés libanais se réunissaient pour la première fois depuis plus d'un an. Le Hezbollah, dont l'engagement dans le conflit syrien est loin de faire l'unanimité au Liban, se targuait jusqu'à présent de pouvoir garantir la sécurité de ses partisans dans les régions qu'il contrôle.

 

Le Premier ministre libanais Tammam Salam a condamné des attentats "injustifiables" et a lancé un appel à l'union de tous les Libanais contre ceux qui cherchent à diviser le pays. François Hollande a immédiatement condamné ces attentats dans un communiqué publié par l'Elysée. Il exprime "son effroi" devant "un acte abject". Le ministère des Affaires étrangères a assuré que la France se tenait "aux côtés des autorités et du peuple libanais dans leur combat contre le terrorisme". "Elle apporte son soutien au travail effectué par le gouvernement et les forces de sécurité libanaises et réitère son plein appui à la stabilité, à l'unité et à l'intégrité territoriale du Liban", a ajouté le Quai d'Orsay.