Feuilleton : Cuba, une île entre deux mondes (5/5)

Suite et fin du voyage à Cuba, plongée entre l'idéal de la révolution et son ouverture au monde depuis la mort de Fidel Castro en 2016. 

Près de La Havane (Cuba) sur la playa de Este, le groupe de touristes français ne pouvait pas partir sans avoir goûté à l'eau caribéenne. Ils profitent de leurs vacances à Cuba, avant que le tourisme ne change profondément les choses. À Santiago, au cimetière de Santa Ifigenia, c'est un moment très attendu pour Cécilia. Ce voyage est un pèlerinage pour elle comme pour de nombreux Cubains. La présidente de Comité de la révolution a parcouru plus de 1 000 kilomètres pour se rendre sur la tombe de son héros, Fidel Castro. Lors de sa mort en 2016, elle était en pleurs devant sa télé et deux ans après, son émotion reste intacte. "Tu es vraiment l'âme de notre peuple", lui dit-elle devant le tombeau. Pour Cécilia, qui a foi en la révolution, la nouvelle ère sans la fratrie Castro au pouvoir ne l'inquiète pas. 

"Aujourd'hui, on a les moyens de s'informer et d'informer"

Au port de Mariel, Anna, la propriétaire de chambres d'hôtes, est un peu plus pessimiste. Avant de laisser sa place au nouveau président Miguel Diaz-Canel, Raul Castro avait permis à 500 000 Cubains de créer leur entreprise. Il avait ainsi ouvert la porte aux investisseurs étrangers. Pour elle, la génération de son fils, qui joue avec son téléphone portable, ne connaîtra pas forcément le socialisme. Longtemps déconnectée de l'extérieur, Cuba se rattrape à grands pas. Depuis 2016, l'État autorise l'accès à internet sur quelques places publiques. "Aujourd'hui, on a les moyens de s'informer et d'informer", témoigne un journaliste indépendant. Ces cinq dernières années, 600 000 personnes ont quitté légalement le pays. 

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