Vol MH17 : le missile qui a abattu l'avion de la Malaysia Airlines avait été acheminé depuis la Russie

La reconstitution de la carlingue du vol MH17 est présentée à la presse par le Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV), lors d\'une conférence de presse à Gilze Rijen (Pays-Bas), le 13 octobre 2015. 
La reconstitution de la carlingue du vol MH17 est présentée à la presse par le Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV), lors d'une conférence de presse à Gilze Rijen (Pays-Bas), le 13 octobre 2015.  (LLOYD JONES / AAP)

"Notre enquête a montré que l'endroit depuis lequel le missile a été tiré était aux mains des rebelles" pro-russes, affirme le parquet néerlandais. Le Boeing 777 avait été abattu le 17 juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine, faisant 298 morts.

Le missile qui a abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine, a été transporté depuis la Russie, affirme le parquet néerlandais lors de la présentation de ses premières conclusions, mercredi 28 septembre. 

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Arlines s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine, touché par un missile sol-air, alors qu'il reliait Amsterdam à Kuala Lumpur. Les 298 personnes qui se trouvaient à bord sont mortes. De violents combats opposaient alors les forces ukrainiennes et les séparatistes pro-russes dans la région qu'il survolait.

Franceinfo reprend les principaux éléments dévoilés par l'enquête du parquet néerlandais.

Le missile acheminé depuis la Russie

"Sur la base de l'enquête pénale, nous pouvons conclure que le vol MH17 a été abattu le 17 juillet 2014 par un missile BUK apporté du territoire de la Fédération de Russie et qu'après le lancer, le système a été réacheminé en Russie", affirme Wilbert Paulissen, l'un des responsables de l'enquête. Sur la base de photos, vidéos, témoignages, données de télécommunications et conversations téléphoniques, les enquêteurs ont recréé l'itinéraire emprunté par le convoi ayant transporté le BUK.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov nie farouchement ces conclusions. Il a insisté, mercredi, sur le fait que la Russie avait fourni "des informations complètes" aux enquêteurs. "Les données sont sans équivoque et, dans ces données, il n'y a pas de missile", a-t-il affirmé. "Donc, s'il y a eu un missile, il n'aurait pu être tiré que d'un autre territoire", a-t-il ajouté.

Le missile tiré depuis une zone séparatiste pro-russe

"Notre enquête a montré que l'endroit depuis lequel le missile a été tiré était aux mains des rebelles", a affirmé, mercredi, Wilbert Paulissen, l'un des responsables de l'enquête, au cours d'une conférence de presse de présentation des premiers résultats de cette enquête pénale. Les enquêteurs disent ignorer si les combattants pro-russes ont reçu l'ordre de tirer le missile ou s'ils ont agi de leur propre chef.

Une autre enquête, coordonnée par le Bureau néerlandais d'enquête pour la sécurité (OVV), avait elle aussi conclu l'an dernier que le Boeing 777 avait été abattu par un missile sol-air de fabrication russe BUK à partir d'une zone tenue par les séparatistes pro-russes, sans identifier les auteurs du tir. Moscou et les séparatistes démentent toutefois cette version et montrent du doigt les forces ukrainiennes.

Une centaine de personnes potentiellement impliquées

Les enquêteurs ont identifié une centaine de personnes "ayant joué un rôle actif dans l'armement du système BUK ou dans son transport, ainsi que des personnes qui ont facilité ou aidé" à son transport, a affirmé le coordinateur de l'enquête, Fred Westerbeke. "Aucune de ces personnes n'est automatiquement considérée comme un suspect", a-t-il ajouté, appelant celles-ci à contacter les enquêteurs pour expliquer leur rôle ou donner des informations supplémentaires.