VIDEO. Que vaut vraiment l'arsenal militaire de la Corée du Nord ?

Pyongyang a tiré mardi un missile qui a survolé le Japon. Ce geste fait monter d'un cran les tensions déjà vives entre Washington et Pyongyang, et laisse présager une nouvelle escalade militaire. Mais de quoi est vraiment capable la Corée du Nord ?

Nouvel épisode dans le conflit diplomatique qui oppose la Corée du Nord aux Etats-Unis. Mardi 29 août, à l'aube, un missile tiré par Pyongyang a survolé le Japon. L’obus a traversé le ciel avant de s’abîmer dans l’océan Pacifique, à l’est d’Hokkaidō, une île située dans le nord du pays. Une telle provocation n’était pas arrivée depuis 2009. Kim Jong-un montre une nouvelle fois les muscles dans le bras de fer engagé cet été avec Donald Trump et qui s’est intensifié depuis juillet. Mais que vaut réellement la puissance militaire nord-coréenne ? Franceinfo fait le point.

Un arsenal imposant

Si les chiffres en imposent, difficile de voir clair dans l’état réel de l’arsenal dont dispose Pyongyang. Seule certitude : l’armement reste une priorité absolue pour le régime de Kim Jong-un. Selon un dossier publié en 2016 dans la revue Défense et sécurité internationale" et cité par le blog Geopolitics du Monde, le pays investirait entre 20 et 30% de son PIB dans la défense, soit entre 8 et 15 milliards de dollars (entre 6 et 12 milliards d'euros).

En 2015, le Center for Strategic & International Studies (PDF, en anglais) évaluait entre 3 500 et 4 200 le nombre de chars d’assaut du régime. A titre de comparaison, les Américains disposent eux de 2 300 à 2 800 unités, selon cette même source, tandis que la France en possède 200, selon le ministère de la Défense. La Corée du Nord aurait également environ 70 sous-marins, ce qui la positionne au niveau des Etats-Unis et largement devant la France, qui en a 10. Elle disposerait enfin de 560 à 820 avions de combat, quand les Etats-Unis, eux, en ont environ 13 800 et la France 260. En nombre, la Corée du Nord semble donc largement équipée en comparaison avec d’autres nations.

Une force de frappe étendue

C’est le point qui fait frémir les pays voisins. D’autant que Séoul, la capitale sud-coréenne, n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres de la frontière. Si la capacité de frappe nucléaire reste floue, le pays expérimente régulièrement en expédiant ses missiles en mer, à quelques centaines de kilomètres des côtes sud-coréennes ou du Japon – qui d'ailleurs organise des exercices de simulation d’attaque. Les voisins de Pyongyang s'inquiètent aussi des stocks d’armes chimiques, notamment des obus au gaz sarin.

Au total, quatre types de missiles ont été testés par la Corée du Nord. Leur portée, modélisée par franceinfo sous forme de carte, est différente. Un premier missile, le Scud-C (ou Hwasong-6), peut atteindre 500 kilomètres. Un deuxième, le No-Dong (ou Hwasong-7) atteint 1 500 kilomètres. Ces deux missiles, développés entre 1987 et 1992, sont déjà opérationnels. Un troisième type, le Musudan (ou Hwasong-10) aurait une portée maximale de 3 900 kilomètres. Enfin, le missile balistique intercontinental testé en juillet, le Pukguksong-2, pourrait approcher les 10 000 km. Ce qui, en théorie, placerait les côtes californiennes à portée de frappe.

Une armée pléthorique...

Les effectifs de l’armée nord-coréenne ont également de quoi impressionner : environ 1,2 million de soldats. En outre, entre 5 et 7 millions de réservistes se tiendraient prêts à rejoindre les rangs nord-coréens, dont bon nombre de civils, en cas de conflit ouvert. Néanmoins, dans un pays touché par la pauvreté et la famine, leur préparation pourrait s'avérer insuffisante.

... mais un équipement obsolète

Sans oublier que "leur équipement est sans doute en très mauvais état", expliquait à franceinfo Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. Selon de nombreux analystes, il est possible que Pyongang conserve son matériel, développé il y a plusieurs décennies, même s'il se trouvait hors-service. "C’est une stratégie héritée de l’Union soviétique", analyse Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, auprès de RFI. "On ne jette rien, quitte à accumuler des quantités inouïes de matériels totalement obsolètes." Rappelons, enfin, qu'il est très difficile de trouver des sources fiables tant le régime de Kim Jong-un cultive le secret autour de sa puissance, à coup de bluff et de propagande.

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