Montgolfières et haut-parleurs, nouvelles armes d'affrontement entre les Corées

Des soldats sud-coréens montent sur un tour de contrôle à la frontière
Des soldats sud-coréens montent sur un tour de contrôle à la frontière (JUNG YEON-JE / AFP)

Deux soldats sud-coréens ont été mutilés la semaine dernière par des explosions de mine antipersonnel installées par des soldats nord-coréens. En représailles, Séoul a ordonné la reprise de la guerre de propagande à la frontière.


«Notre armée a décidé de reprendre ses opérations de propagande à l'aide de haut-parleurs le long de la frontière», a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense. Pendant des années, des rangées de haut-parleurs disposées le long de la frontière avec la Corée du Nord avaient diffusé des messages de propagande sur les joies de la vie au Sud sans lésiner sur le volume sonore. Ces opérations avaient été suspendues en 2004 lors d'une période de rapprochement entre les deux Etats rivaux initiée par l'ancien président sud-coréen Kim Dae-Jung. En 2010, la Corée du Sud avait menacé de les reprendre après le naufrage d'un bâtiment sud-coréen attribué par Séoul à un sous-marin nord-coréen mais la  menace n'avait pas été mise à exécution.

Des soldats sud-coréens installent des haut-parleurs diffusant de la propagande
Des soldats sud-coréens installent des haut-parleurs diffusant de la propagande (KIM JAE-HWAN / AFP)

A l'origine de cette décision, des mines antipersonnel qui auraient été placées par des soldats nord-coréens et ayant blessé gravement trois soldats : deux d'entre eux ont dû être amputés des deux membres inférieurs, le troisième a perdu une jambe. Selon le commandement de l'ONU dirigé par Washington qui est chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre de Corée (1950-53), l'analyse des débris montre qu'il s'agissait de mines nord-coréennes placées sur un chemin bien connu pour être emprunté par les patrouilles sud-coréennes. «Les investigations ont déterminé que les engins avaient été placés  récemment, excluant la possibilité qu'il puisse s'agir de mines antipersonnel  héritées (d'une époque antérieure) qui se seraient déplacées», a dit l'ONU. 

Infographie AFP
Infographie AFP (AFP)

Les autorités nord-coréennes reprochent déjà à Séoul de laisser des militants hostiles au régime nord-coréen lâcher des tracts au dessus de  la frontière au moyen de montgolfières. Les deux Etats rivaux sont toujours techniquement en guerre car la guerre de Corée avait pris fin avec un simple cessez-le-feu et non un traité d'armistice. En dépit de son nom, la zone démilitarisée (DMZ) est fortement militarisée. Elle est parsemée de  barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars. D'après les estimations, plus d'un million de mines ont été disséminées dans la zone frontalière. 

Cet incident survient à un moment délicat: les deux Corées se préparent à célébrer samedi le 70ème anniversaire de la libération en 1945 de la péninsule coréenne du joug japonais. Certains avaient émis l'espoir que cet anniversaire soit l'occasion d'un rapprochement mais les efforts effectués pour organiser des cérémonies conjointes ont fait long feu. La Corée du Nord refuse d'envisager des pourparlers tant que Séoul n'annule pas ses exercices militaires avec les Etats-Unis. Des exercices conjoints sont prévus la semaine prochaine.

 

Vous êtes à nouveau en ligne