La Corée du Nord se dit prête à frapper les Etats-Unis

Une capture d\'écran d\'une vidéo diffusée le 20 mars 2013 par la télévision nord-coréenne, montrant un tir de missile.
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée le 20 mars 2013 par la télévision nord-coréenne, montrant un tir de missile. (NORTH KOREAN TV / AFP)

Le pays menace de tirer des missiles sur l'île de Guam, l'archipel d'Hawaï et le continent américain.

Le ton est particulièrement agressif. L'agence officielle nord-coréenne (KCNA) annonce que la Corée du Nord a placé son armée en ordre de combat, mardi 26 mars. Elle a demandé à ses unités spéciales "stratégiques" de se préparer à d'éventuelles frappes contre les Etats-Unis, notamment sur l'île de Guam (qui abrite une importe base militaire américaine) et l'archipel d'Hawaï, dans le Pacifique, indique KCNA.

"A partir de cet instant, le commandement de l'Armée populaire coréenne va placer en position de combat n°1 toutes ses unités d'artillerie, dont ses unités de missiles stratégiques à longue portée, qui viseront tous les éléments ennemis des bases impérialistes américaines sur le continent, à Hawaï et à Guam", écrit KCNA. Ces menaces sont lancées alors que des bombardiers américains B-52 survolent la Corée du Sud, dans le cadre de manœuvres militaires. 

Hawaï et Guam hors de portée des missiles nord-coréens

Une vidéo de propagande avait été diffusée sur YouTube, mardi 19 mars, annonçant que "seconde après seconde, la guerre nucléaire se rapproche". Dans ce clip aux effets spéciaux rudimentaires, la Maison Blanche et le Capitole sont frappés par un déluge de feu. La semaine précédente, la Corée du Nord avait effectué son troisième test nucléaire, entraînant de nouvelles sanctions de l'ONU. "Nos missiles stratégiques ont une portée illimitée", conclut la vidéo. 

Mais les experts sont plus sceptiques. Ils jugent que Pyongyang est loin de maîtriser la technique requise pour lancer un missile intercontinental, capable de frapper les Etats-Unis. Les îles américaines d'Hawaï et de Guam sont également considérés comme hors de portée des missiles développés par le régime. La Corée du Nord est, en revanche, capable d'atteindre des bases militaires au Japon et en Corée du Sud. Ces deux derniers pays font l'objet de menaces régulières. Le régime de Pyongyang a diffusé une vidéo qui détaille son plan d'invasion en trois jours de la Corée du Sud. Quant au Japon, il a lui aussi été menacé de frappes.

Les experts doutent aussi de l'efficacité de l'équipement militaire de la Corée du Nord. Quelques clichés à la gloire du dictateur Kim Jong-un donnent ainsi des indications sur le matériel nord-coréen. Le journaliste Max Fischer, du Washington Post, prend ici deux exemples (en anglais) pour souligner l'obsolescence des installations. Et souligne l'isolement du pays, qui menace ses approvisionnements. Si la Corée du Nord dispose bien de 800 avions de combat, il leur serait impossible de voler en même temps, faute de carburant. 

Un troisième test nucléaire qui a réveillé les tensions

Ces invectives et menaces ont pour origine le troisième test nucléaire nord-coréen, réalisé le 12 février, et les sanctions décidées dans la foulée par les Nations unies. Adoptée le 7 mars, la résolution ajoute de nouveaux noms sur la liste noire des personnalités et entreprises soumises à des gels d'avoir et des interdictions de voyager. Depuis, la Corée du Nord multiplie les invectives. 

Pyongyang a ainsi menacé de dénoncer l'accord d'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée en 1953. Et a musclé ses déclarations belliqueuses, qui se sont multipliées ces dernières semaines. "Puisque les Etats-Unis s'apprêtent à déclencher une guerre nucléaire, [nos] forces armées révolutionnaires (...) se réservent le droit de lancer une attaque nucléaire préventive pour détruire les bastions des agresseurs", a ainsi lancé un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Ces tensions sur la péninsule coréenne sont les plus fortes depuis 2010.   

 

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