A Pyongyang, pas un mot à la télé sur le sommet entre les deux Corées : "Vous pourrez en parler quand ce sera terminé"

Des Nord-Coréens de Pyongyang regardent la télévision d\'Etat le 21 avril 2018.
Des Nord-Coréens de Pyongyang regardent la télévision d'Etat le 21 avril 2018. (KIM WON-JIN / AFP)

La Corée du Nord et la Corée du Sud tiendront vendredi leur premier sommet depuis plus de dix ans. L'envoyée spéciale de franceinfo en Corée du Nord est l'une des rares journalistes présentes sur place.

Il y a qu'une seule source d’informations, ici, à Pyongyang : le journal de 20 heures à la télévision d’État nord-coréenne, qui dure une dizaine de minutes. Mercredi 25, au soir, trois présentateurs se sont succédé à l’écran pour parler des militaires, qui célèbrent un jour férié, du nouveau système d’irrigation d’une commune rurale, de l’ouverture d’un nouveau magasin de viande. Mais rien sur le sommet inter-coréen, le premier depuis dix ans, qui se tiendra vendredi 27 avril à Panmunjom, "village de la trêve" situé sur la frontière commune. 

Difficile d'aborder le sommet avec les Nord-Coréens

Dans ce journal télévisé, on apprend aussi que Kim Jong-un a fait une déclaration, sans savoir laquelle. C’est l’agence officielle du régime qui la publiera plus tard. Difficile donc de parler du sommet avec les Nord-Coréens rencontrés ici : "Vous pourrez en parler quand le sommet sera terminé et que les annonces seront faites, nous dit-on. Mais pas certain qu’ils veuillent vous parler politique…"

Il y a de toute façon peu de chances que les habitants de Pyongyang soient déçus par l’issue du sommet : partout dans les rues, les écoles, les usines que nous avons visitées, les slogans à la gloire du pays et de son leader sont affichés en grand. Pas une interview sans citer Kim Jong-un : les Nord-Coréens que nous avons rencontrés ont tous exprimé leur gratitude et leur confiance absolue en leur dirigeant.