Conflit syrien : les Kurdes s'en mêlent

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Des combattants kurdes se sont emparés dans la nuit de vendredi à samedi de deux villes au nord-est de la Syrie. Affiliés au PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan pourchassé par la Turquie, ils ne font pas partie des rebelles syriens luttant contre le régime, mais visent l'indépendance kurde.

Les Kurdes se mêlent du conflit syrien. Peuple sans pays vivant à cheval sur la Syrie, la Turquie, l'Irak et l'Iran, les Kurdes sont majoritaires dans le nord de la Syrie. Mais jusque là, ils n'avaient pas pris une part active à la rébellion contre le régime de Bachar al-Assad.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des combattants kurdes ont pris le contrôle de deux villes, Derbassiyé et Tal Tamer après avoir encerclé pendant de longues heures les deux QG de la police et des sièges des renseignements des militaires et de la sécurité de l'Etat dans la province de Hassaka (nord-est du pays).

Selon le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rahmi Abdel Rahmane, "dans la province de Hassaka, le régime ne contrôle désormais plus que les deux grandes villes de Qamichli et Hassaka" .

Autonomistes kurdes

En septembre, de fortes manifestations s'étaient déroulées dans le nord de la Syrie, où les Kurdes, majoritaires, refusaient d'être enrôlés dans l'armée de Bachar al-Assad. Mais ils n'avaient pas pris les armes à proprement parler contre le régime.

Les combattants de Derbassiyé et Tal Tamer se réclament du Comité de protection du peuple kurde, le bras armé du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc.

Or le PKK, parti autonomiste kurde, est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne, les Etats-Unis et la Turquie. Cette dernière se livre depuis plusieurs mois à des opérations militaires de grande ampleur contre ces rebelles souhaitant la création d'un Etat kurde indépendant. Ce samedi, un hélicoptère de combat turc s'est écrasé faisant 17 morts au cours d'une de ces opérations.

Quelle réaction turque ?

Quelle sera la réaction d'Ankara, qui a accueilli plus de 100.000 réfugiés fuyant le conflit syrien et soutient les rebelles, si l'émanation syrienne du PKK prend une part active à la rébellion contre le régime, ou profite de la déstabilisation de la région pour consolider ses positions à la frontière turque ?

Ayant vivement réagi lorsque des roquettes syriennes avaient visé son sol, la Turquie risque de ne pas apprécier voir les autonomistes kurdes développer leur influence.

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