Condamné à 35 ans de prison pour crimes contre l'humanité, l'ex-chef de la prison de Phnom Penh va faire appel

Kaing Guek Eav dit \"Douch\", lors de son procès le 26/07/2010
Kaing Guek Eav dit "Douch", lors de son procès le 26/07/2010 (AFP Mark Peters)

Kaing Guek Eav, dit "Douch", était le chef du centre de torture S-21 où plus de 14.000 personnes ont trouvé la mort durant le régime khmer rouge (1975-79).Le tribunal l'a condamné à 35 ans de prison mais ajouté qu'il ne purgerait que 30 ans, sa détention de cinq ans par l'armée cambodgienne ayant été jugée illégale.

Kaing Guek Eav, dit "Douch", était le chef du centre de torture S-21 où plus de 14.000 personnes ont trouvé la mort durant le régime khmer rouge (1975-79).

Le tribunal l'a condamné à 35 ans de prison mais ajouté qu'il ne purgerait que 30 ans, sa détention de cinq ans par l'armée cambodgienne ayant été jugée illégale.

Douch reconnu coupable de meurtres, tortures et crimes contre l'humanité
Ce verdict est le premier rendu par cette cour mixte mise en place par la justice cambodgienne et les Nations unies et a été diffusé en direct par la télévision cambodgienne.

Le spectre des khmers rouges est encore tangible
Quatre autres anciens dirigeants khmers rouges doivent comparaître pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité: l'ancien président Khieu Samphan, le "Frère numéro deux" Nuon Chea, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et l'épouse de ce dernier, Ieng Thirith.

Problème, outre les processus administratifs lents et pesants, l'obstacle à ces nouveaux procès pourrait venir, estiment les analystes, du gouvernement cambodgien, qui n'a jamais totalement appuyé le tribunal et a encore des liens historiques avec le régime khmer rouge.

Le ministre des Finances Keat Chhon a admis avoir servi d'interprète pour Pol Pot, tandis que son collègue des Affaires étrangères Hor Namhong a été accusé d'avoir dirigé un centre de détention, ce qu'il nie.

Les analystes les croient enclins à gêner les enquêtes et les activités du tribunal. Le Premier ministre Hun Sen, lui-même ancien simple soldat khmer rouge, a même mis en garde contre un risque de nouvelle guerre civile si l'enquête du tribunal se penchait trop sur les horreurs commises par Pol Pot, le "Frère numéro un", mort en 1998 sans avoir eu à répondre de ses actes.

Carte des prisons et des charniers, chronologie, et biographie de Douch (graphique animé).