Ce que l'on sait de l'attaque qui a fait 5 morts dans un restaurant à Bamako au Mali

Des policiers maliens montent la garde à Bamako, la capitale, après l\'attaque d\'un restaurant, qui a fait cinq morts, samedi 7 mars 2015. 
Des policiers maliens montent la garde à Bamako, la capitale, après l'attaque d'un restaurant, qui a fait cinq morts, samedi 7 mars 2015.  (SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP)

François Hollande dénonce "avec la plus grande force le lâche attentat" commis dans la capitale malienne. 

Il s'agit très vraisemblablement d'une attaque terroriste. Un Français, un Belge, et trois Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi 7 mars, dans un restaurant de Bamako, la capitale du Mali. Huit personnes ont été blessées. Les auteurs de l'attentat n'ont toujours pas été arrêtés. 

En France, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. 

Francetv info revient sur cette attaque. 

Que sait-on des victimes ? 

Deux Européens, un Français et un Belge, et trois Maliens ont été abattus dans l'attaque. Selon la présidence de la République française il n'y aurait pas de Français parmi les huit personnes blessées dans l'attaque. La victime Belge travaillait pour l'UE au Mali, a indiqué dans l'entourage de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, qui s'est entretenue avec le chef de la délégation européenne dans le pays.

Trois Suisses, dont une femme, figurent parmi les huit blessés dans l'attentat, selon un dernier bilan de sources hospitalières. "Deux experts internationaux travaillant avec le Service des Nations unies de lutte contre les mines (UNMAS) de la Minusma",  la Mission de l'ONU au Mali, sont blessés, a indiqué son chef.

Comment s'est déroulée l'attaque ?

Selon la police malienne, au moins un homme armé est entré peu après minuit, heure locale, dans le restaurant La Terrasse, situé dans un quartier de Bamako apprécié des expatriés, et a ouvert le feu. 

"Après avoir lancé plusieurs grenades, dont certaines n'ont pas explosé, l'homme s'engouffre dans l'établissement appelé La Terrasse, il monte à l'étage et commence à mitrailler à l'arme automatique, avant de prendre la fuite dans un véhicule conduit par un complice", a indiqué RFI. Selon la radio,"les deux hommes sont cagoulés. Peu après avoir quitté les lieux de l'attaque, ils croisent une voiture de police et tirent à nouveau."

Dans une rue voisine du bar, le corps d'un policier malien et celui du gardien d'un domicile privé gisaient au sol, alors qu'un peu plus loin, un journaliste de l'AFP a aperçu le corps d'un ressortissant belge.

Que sait-on des auteurs présumés ? 

L'attaque n'a pas été revendiquée. Deux suspects ont été arrêtés samedi, mais ils ne sont "pas impliqués" dans l'attentat. "Ils avaient des armes pour commettre des larcins, de petits hold-ups, mais ils ne sont pas au cœur des derniers actes terroristes perpétrés", a déclaré un haut responsable de la police malienne. 

S'agit-il d'un acte terroriste ? 

"C'est une attaque terroriste, même si nous attendons des précisions", a aussitôt déclaré un policier sur place à l'AFP. Des dizaines de policiers ont bouclé le secteur, tandis que les rares témoins directs de l'événement refusaient de témoigner par peur de représailles.

Le Mali est le théâtre de rivalités ethniques et d'une insurrection islamiste et tente de retrouver la stabilité et la paix depuis un coup d'Etat en 2012. Des jihadistes liés à Al-Qaïda ont contrôlé une grande partie du territoire pendant plus de neuf mois jusqu'à ce qu'une intervention militaire française les chasse en partie de la région.

L'ambassade de France "a constitué une cellule de crise, averti les Français dès cette nuit et renforcé la sécurité de nos implantations en liaison avec les autorités maliennes", a indiqué la présidence française.

Comment réagissent les pays touchés ? 

A Paris, François Hollande a dénoncé "avec la plus grande force le lâche attentat" commis à Bamako, selon un communiqué de la présidence française. François Hollande a convenu avec son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, de "mesures communes pour renforcer la sécurité au Mali".

Le Premier ministre, Manuel Valls, a quant à lui dénoncé une attaque "abjecte", sur Twitter.

Le ministre belge des Affaires étrangères a condamné pour sa part un attentat "lâche, ignoble", confirmant qu'un compatriote était "touché". Cependant, le ministère belge des Affaires étrangères n'était pas en mesure de confirmer samedi matin qu'un Belge avait été tué, selon l'agence Belga. "Mes pensées vont aux victimes et à leurs familles, leurs proches quelle que soit leur nationalité", a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, à des journalistes.

"Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour aider les autorités maliennes à ramener le calme. C'est désastreux de voir que dans très nombreux endroits du monde cette terreur continue de frapper lâchement", a-t-il poursuivi.

Le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) Mongi Hamdi a condamné une "attaque odieuse et lâche", "menée par au moins une personne masquée qui a ouvert le feu sur les clients". 

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