Google, Instagram, Facebook... Une île chinoise veut attirer les touristes étrangers en leur permettant d'avoir accès à des sites normalement interdits dans le pays

Un navire de croisière à Sanya, dans la province de Hainan (Chine), le 4 juin 2018.
Un navire de croisière à Sanya, dans la province de Hainan (Chine), le 4 juin 2018. (GUO CHENG / XINHUA / AFP)

La province de Hainan a brièvement publié une proposition sur son site. Celle-ci propose de permettre aux touristes étrangers d'avoir accès à des sites normalement interdits en Chine.

L'île chinoise de Hainan a proposé d'autoriser les visiteurs étrangers à accéder à des sites internet censurés pour ses habitants, tels que YouTube et Facebook, une discrimination qui déclenché des protestations indignées des internautes chinois.

La province de Hainan, située tout au sud de la Chine, à environ 240 km à l'est des côtes du Vietnam, dispose de plages tropicales. A terme, le pouvoir central veut transformer cette île en destination touristique internationale, alors que le territoire est aujourd'hui en retard économiquement. Hainan pourrait également devenir la plus grande zone de libre-échange commercial du pays et attirer des investissements dans les industries technologiques.

Un flot de critiques sur les réseaux sociaux chinois

Une partie de cet effort repose sur des mesures pour rendre le tourisme plus attractif, comme l'autorisation des voyages sans visa et le recours plus facile aux cartes de crédit. Mais les autorités veulent aussi créer des secteurs spécifiques où accueillir des touristes étrangers, qui pourront "normalement utiliser les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et YouTube", selon une copie de la proposition brièvement publiée sur le site de la province.

Ces sites, tout comme Google, Instagram ou d'autres plateformes populaires internet dans le monde sont interdits en Chine continentale et à Hainan. En effet, les autorités chinoises censurent étroitement le web pour en expurger tout contenu jugé sensible, comme les critiques politiques ou la pornographie, et elles imposent aux sites internet d'avoir leurs propres censeurs.

Cette proposition a entraîné de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux chinois, où l'on s'étonne que des visiteurs étrangers puissent se voir accorder des privilèges refusés aux habitants. Les utilisateurs du site Weibo ont posté des centaines de commentaires, dont la plupart ont rapidement été censurés. "Ceci est une discrimination, complètement ignoble, honteuse et obscène" s'est emporté un des internautes. "Résistez aux traitements discriminatoires !" a scandé un autre.

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