Protection des éléphants : l'interdiction du commerce de l'ivoire en Chine est "une excellente nouvelle"

Eléphant du parc national de Tsavo east, au Kenya, le 16 mars 2016.
Eléphant du parc national de Tsavo east, au Kenya, le 16 mars 2016. (TONY KARUMBA / AFP)

Charlotte Nithart, porte-parole de l'association Robin des Bois, a témoigné, samedi sur franceinfo, sa satisfaction suite à l'annonce par la Chine de l'interdiction du commerce et de la transformation d'ivoire sur son territoire.

La Chine va interdire le commerce et la transformation d'ivoire dans le pays d'ici fin 2017, a annoncé le gouvernement, vendredi 30 décembre. Pour Charlotte Nithart, porte-parole de l'association de protection de l'homme et de l'environnement, Robin des Bois, interrogée samedi 31 décembre sur franceinfo, il s'agit d'une "excellente nouvelle". Pour la porte-parole, la vente légale d'ivoire sur le marché chinois constituait jusqu'à présent "une cause principale du braconnage des éléphants en Afrique et en Asie."

franceinfo : Que représente la Chine dans le commerce mondial d'ivoire ?

Charlotte Nithart : La Chine est le principal débouché de l'ivoire illégal obtenu sur des éléphants braconnés. C'est le marché le plus gigantesque. Il est le premier au niveau international. Ce sont des dizaines de millions de consommateurs qui sont très attirés par cette matière pour sa symbolique, son côté bling-bling. Le fait que le gouvernement décide d'interdire totalement le commerce d'ivoire sur son territoire est une excellente nouvelle.

L'agence de presse, Chine Nouvelle, précise que cette interdiction va affecter 34 entreprises de transformation de l'ivoire et 143 centres de commerce. Est-ce une économie importante ?

C'est une économie importante, mais ce sont les chiffres officiels. Il y a des officines qui, sans avoir les agréments nécessaires, écoulent de l'ivoire. Le gouvernement chinois prévoit d'accompagner ces entreprises. L'objectif est qu'elles se reconvertissent et qu'elles utilisent des substituts. D'ailleurs, la question de la substitution va se poser. Ce qu'on souhaite, c'est qu'il n'y ait pas de report sur d'autres espèces menacées. Il y aura un plan d'accompagnement, mais, surtout, une sensibilisation des consommateurs. C'est quand même eux qui ont la clé. Jusqu'à maintenant, le fait que le marché chinois soit ouvert et que le consommateur puisse légalement et ouvertement acheter de l'ivoire était une cause principale du braconnage des éléphants en Afrique et en Asie.

Connaît-on les conséquences de ce business sur les éléphants d'Afrique ?

À l'heure actuelle, le commerce international est théoriquement interdit depuis plusieurs années. Il y a eu des ventes en 2008 et depuis plus rien. On estime que 20 000 à 30 000 éléphants sont abattus chaque année. Il en resterait sur le continent africain à peu près 300 000. Il y a vraiment urgence à agir. C'est vrai que la fermeture des marchés nationaux en Chine mais aussi dans d'autres pays est primordiale. Les États-Unis sont le deuxième plus gros consommateur mondial. Il ne faut pas non plus négliger le marché japonais qui est extrêmement important, ainsi que le marché européen. La France a une position de leader dans le domaine de la protection des éléphants. Malheureusement, il est parfois difficile de convaincre d'autres pays, comme la Belgique par exemple.

Le commerce d'ivoire reste autorisé lorsqu'il s'agit "d'antiquités", cela pose t-il problème ?

Ça reste un point difficile à traiter. Par antiquité, on entend l'ivoire qui a été obtenue sur des éléphants avant 1975. Ce que l'on souhaite, c'est qu'il y ait une preuve irréfutable de cette ancienneté de l'ivoire. On peut l'établir, notamment, par radio-datation au carbone 14. Il faut éviter le blanchiment, comme c'est pratiqué à l'heure actuelle, d'ivoire fraîchement braconné. Avec des faux-papiers, il est écoulé comme étant de l'ivoire ancien.